Opinion
Libre opinion - Le savoureux débat des langues qui s'entremêlent!
Mots clés : bilinguisme, Français (langue), Langue, Québec (province)
Notre peuple, dit-on, parle et écrit encore la langue de Molière. Shakespeare est aussi très bien représenté et personne ne s'en étonne: notre position en terre d'Amérique en fait foi. Sans oublier Miguel de Cervantès, père de Don Quichotte, qui est de plus en plus présent. Pourtant, au pays, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes en matière linguistique. Pourquoi? Et, surtout, quelles devraient être les actions gouvernementales à mettre en oeuvre afin d'éviter qu'en s'entremêlant les langues se nouent?
Nous revenons donc à l'objectif de départ: tous les Québécois devraient pouvoir, à la fin de leur cursus scolaire, s'exprimer correctement et savoir lire, écrire et parler en français, la langue historique de la majorité québécoise. Tous les Québécois devraient aussi pouvoir, à la fin de leurs études, s'exprimer dans un anglais oral satisfaisant et avoir, dans cette langue, des bases en lecture et en écriture. J'ajouterais que tous les Québécois devraient aussi avoir accès à certaines notions d'espagnol.
Afin de chercher des solutions, prenons mon exemple personnel. J'ai 30 ans, je suis trilingue (français, anglais, espagnol) et j'ai de bonnes bases dans une quatrième langue (l'italien). Je possède aussi environ 20 mots de vocabulaire en arabe. Ceci fera sans doute de moi un jour ce qu'on nomme une polyglotte. Comment y suis-je parvenue? Une réponse claire: certainement pas par le système d'éducation.
On n'apprend pas une langue par la voie des établissements d'enseignement. Désolée, mais les résultats parlent d'eux-mêmes. Merci à tous les professeurs qui ont fait de leur mieux pour m'inculquer quelques notions de langues étrangères, surtout mon défunt enseignant de latin, mais soyons sérieux! Vous m'avez donné le baluchon et c'est moi qui l'ai rempli.
Qu'est-ce que j'ai fait? J'ai levé l'ancre très tôt et j'ai plongé tête première dans l'inconnu. Si j'étais restée ici comme les autres, j'aurais perdu mon temps sur les bancs d'école et je serais comme eux aujourd'hui... Je prétendrais parler l'anglais alors que la plupart du temps il n'en est rien.
Une langue, c'est libre et vivant, ça supporte très mal les livres et les règles de grammaire. La langue, c'est comme la musique: ça s'apprend surtout à l'oreille. À l'heure actuelle, la seule mesure législative qui pourrait amener de véritables correctifs en ce domaine consiste à organiser pour tous les élèves du secondaire des échanges étudiants obligatoires et subventionnés.
Davantage de cours d'anglais, la francisation des immigrants à Montréal, des cours de langue plus tôt, des cours d'histoire en anglais: tout ceci -- et je le dis à Pauline Marois et aux autres -- n'est que foutaise et ne résiste pas à l'essai pratique. Je ne connais personne qui parle vraiment une autre langue sans avoir vécu dans cette langue, même pas les diplômés en enseignement de l'anglais au secondaire...
Concrètement, les anglophones et les allophones pourraient, par exemple, effectuer des stages d'été obligatoires de trois mois en milieu rural francophone québécois alors que les francophones pourraient faire des stages analogues, mais aux États-Unis, notre principal partenaire économique. Un allégement fiscal pourrait être affecté à cet effet aux familles qui ne sont pas dans le besoin et, pour les autres, une fondation publique-privée pourrait jouer un rôle. Voilà de véritables solutions. Dommage que nos détenteurs de pouvoir et leurs conseillers manquent autant d'imagination.

