Long courrier - le samedi 23 février 2008

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Lio Kiefer
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 février 2008

Mots clés : hébergement, exploitation des enfants, choc culturel, Tourisme, Langue, Allemagne (Pays), Mexique (pays)

La pyramide Kukulkan, dans les ruines mayas de Chichén Itzá, au Yucatán.

Photo: Agence Reuters

Le Mexique épinglé

«Je reviens d'un séjour de deux semaines au Yucatán, au Mexique. J'ai fait un voyage d'immersion en espagnol dans une famille à Mérida. J'ai eu un véritable choc culturel, ne m'attendant pas à trouver un pays dans un tel état de délabrement. Étant donné que ce pays fait partie de l'ALENA, je croyais qu'il présentait un niveau de développement semblable au nôtre et à celui des États-Unis. J'ai constaté qu'il n'en est rien.

«Non seulement ce pays est rongé par le fléau des narco-trafiquants qui font transiter la drogue de l'Amérique du Sud vers l'Amérique du Nord, mais j'ai pu constater deux autres fléaux. Le premier qui m'a frappée est l'exploitation des enfants, qui doivent travailler pour rapporter quelques sous aux parents. Malgré la pauvreté dans ce pays -- 40 % de la population vit avec 2 $ par jour --, une société qui ne protège pas ses enfants est à mon avis une société rétrograde. Même si l'ALENA est un traité économique portant sur le libre-échange entre les trois pays, le Canada devrait exiger de son partenaire que les droits des enfants soient reconnus pour que le Mexique puisse faire partie de la même alliance.

«Le deuxième fléau est la saleté qui saute aux yeux. Je n'ai vu que le Yucatán, mais si le reste du pays est à l'image de celui-ci, alors c'est un dépotoir à ciel ouvert. Partout, dans les rues de Mérida et dans les villages que nous traversions lors des visites de sites historiques, tel celui de Chichén Itzá, des détritus et des milliers de bouteilles et de sacs de plastique jonchaient le sol. À l'heure où l'environnement est un enjeu mondial, il est inimaginable qu'une telle chose puisse exister encore et, je le répète, chez notre partenaire dans l'ALENA.

«Une autre chose qui est indigne d'un pays civilisé mais que j'ai apprise seulement à mon retour, c'est que le Mexique est, après l'Irak, le pays où le plus grand nombre de journalistes se font assassiner (Le Guide du routard 2008). Cette information m'a fait frémir, la liberté de la presse étant un des piliers d'un pays démocratique. Je ne serais pas allée au Mexique si j'avais su cette information avant mon voyage.

«Je raconte mon expérience au Mexique parce que nos choix de voyage sont importants. Le Mexique reçoit environ 20 millions de touristes annuellement; c'est donc une source de revenus importante pour l'économie du pays. J'invite les touristes soucieux des droits de la personne et de tourisme équitable à réfléchir avant de choisir ce pays. Pour ma part, je n'ai aucunement l'intention d'y retourner un jour.»

Nicole P. Roy, Québec

Je pourrais ajouter à votre liste le trou béant qui existe entre les très nantis et les plus démunis, la prostitution infantile à Acapulco, la condition féminine à Chihuahua et dans les environs, etc. En ce qui concerne les détritus au Mexique, il y a un gros travail à faire en matière de ramassage des ordures et des bouteilles de plastique ou de verre. Certains États, par exemple la Basse Californie, commencent à s'en occuper sérieusement.

Quant au travail imposé aux enfants, certaines réglementations font leur apparition et des travailleurs de rue à différents endroits sont sur le qui-vive et commencent à remédier à ces situations (travail dans les mines, soufflage du verre). Mais on peut aussi s'indigner des enfants qui vendent des bébelles aux touristes ou sur les plages!

Par contre, je ne suis pas de votre avis à propos du boycottage d'un pays en fonction des mauvais attributs qui font son quotidien. Si vous choisissez le guide d'Amnesty International, il ne vous reste pas grand-place pour voyager, à part peut-être le Liechtenstein et le Saguenay... et encore. Je pense qu'on peut se déplacer dans ces pays, en être conscient et parler aux gens du lieu, que ce soit dans une famille, une ferme ou un tout-compris, pour les faire bouger, pour nous faire bouger.

Moi qui connais un peu le Chiapas, je peux dire que les «locaux» veulent changer les choses envers les Métis et les plus démunis. On peut signer des pétitions dans les marchés; c'est tout aussi intéressant et amusant que de voir un spectacle yé-yé en bord de crique! Et puis, on peut revenir de voyage et écrire au Devoir. Cela aussi a sa valeur et aide à la compréhension d'un pays. Je vous souhaite donc d'autres mexicanités différentes.

J'ajouterai que c'est le rôle des agents de voyages et des voyagistes de ne pas simplement vendre des forfaits mais également d'expliquer les côtés sombres d'une destination (prostitution infantile, nombre de vendeurs de gadgets et de time-sharing, palmarès des plages fréquentées par les puces de sable, chiens sauvages, nids d'autruche sur les routes, etc.).

Pour vous faire sourire, disons que j'ai un ami qui refuse d'aller en France parce qu'il hait Carla Bruni, devenue première dame de l'Hexagone. Il devrait aussi boycotter l'Italie, car la belle est née à Turin...

Un pays sans araignées ?

«J'apprécie énormément votre chronique; vous savez merveilleusement nous faire découvrir des destinations exotiques et nous faire rêver autant que nous surprendre avec une anecdote, une adresse ou des trucs tellement utiles. Je n'ai jamais lu, hélas, réponse à ma question. Comme ma peur des araignées est plus grande que ma crainte du ridicule, voici: je souhaite ardemment aller me reposer quelques jours dans un coin ensoleillé, courir dans le sable et laisser le vent souffler dans mes cheveux.

«Mais où donc peut aller une arachnophobe inguérissable et pas milliardaire? Les amis me donnent des avis contradictoires à ce sujet. Alors, pourrais-je dormir tranquille sans craindre de visite indésirable? Et où? Devrais-je m'en tenir aux palaces ou aux croisières en Alaska?»

Anne-Geneviève, Montréal

Un pays ensoleillé sans araignées? Évitez d'abord toute construction sur pilotis pour dormir: les araignées adorent ça. Emportez avec vous une grande natte de gaze que vous accrocherez au-dessus de votre lit. Quand vous voulez vous allonger sur la plage, prenez une chaise et fixez-la quelques mètres dans l'eau. Il est rare qu'une araignée prenne la vague et attaque une chaise. Armez-vous d'un répulsif en toute occasion, car je crains de vous dire qu'il y a des araignées partout dans le monde, même en Alaska.

Sur les bateaux de croisière et les yachts, à bord des avions, dans les taxis et les palaces... Pour vous promener en bord de mer, prenez un vélo ou un scooter pour éviter d'être rattrapée. Et ne choisissez surtout pas Madagascar: c'est le bunker de toutes les araignées qui peuvent se donner la patte!

Bonnes adresses

Dans la Forêt-Noire, en Allemagne. Ce n'est pas souvent le cas, mais je vous suggère aujourd'hui trois adresses qui coûtent la peau des fesses. Il y a des adeptes de ce genre d'hôtellerie luxueuse et presque sans défaut, si ce n'est la décontraction dans le mollet et le sourire au coin du nombril.

- Park Hotel Adler, à Hinterzarten: un palace de montagne au charme suranné. Avec piscine, thermes et parc d'animaux sauvages. Pour jogger parmi les sangliers. tél: 7652/1270, www.relaischateaux.com/fr/search-book/hotel-restaurant/adler.

- Le Spielweg, à Münstertal: pour dormir dans un moulin. tél: 7636/70977, www.spielweg.com.

- Le Colombi, à Fribourg: pour résumer la région à une auberge. Chic, cher, cuisine très soignée. tél: 761/ 21060, 761/31410 (télécopieur), www.lhw.com/colombihotel.

À suivre

- Les tarifs offerts par Air France: à compter de 490 $ vers toutes ses destinations en France, y compris la Corse. Cette promotion offerte jusqu'au 2 mars est valable pour des voyages dont le départ aura lieu entre le 11 avril et le 18 juin 2008. Les réservations peuvent être effectuées sur le site Internet du transporteur (www.airfrance.ca), auprès de son centre de services (tél: 1 800 667 2747) ou dans une agence de voyages. Taxes et surcharges en sus. Tarif applicable aux nouvelles réservations seulement. Séjour minimum: un dimanche à destination. Maximum: deux mois. Les billets doivent être émis au plus tard le 2 mars 2008.

La citation de la semaine

«Certains pensent qu'ils font un voyage. En fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.»

- Nicolas Bouvier


À lire, voir, écouter

- Les guides Oui Non, chez Albin Michel, pour parler simplement et au plus court une langue étrangère. Index et thèmes faciles à trouver, prononciation simplifiée pour des langues comme le russe ou l'arabe. Chinois, japonais, italien et anglais font aussi partie de cette amusante collection où les questions à poser méritent une de ces deux réponses: oui ou non.

Envoyez vos questions et bonnes adresses à lkiefer@ledevoir.com.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com