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M. Harper est-il bien informé ?

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Christian Tallon (christiantallon@hotmail.com)
Envoyé Le vendredi 22 février 2008 15:00



En tant que français, j'ai de la réticence à rentrer dans un débat canadien. Mais M. Harper sait il que la majorité des canadiens considère que l'engagement du Canada en Afganistan est une opération de guerre et non de maintien de la paix. Quand M. Harper dit qu'il "en va de la crédibilité du Canada sur la scène internationale", de quelle scène internationale parle-t-il ? 10 pays ou 170 ? Le Canada jouissait d'une considération et d'un respect hors du commun avant de s'aligner sur les positions Etats-Uniennes. Il est en train de perdre cette considération sur le toit du monde face à des tribus pachtounes qui se révoltent parce que l'étranger vient chez lui. Ce n'est pas une façon de respecter les peuples, de promouvoir la paix, d'oeuvrer à long terme aux intérêts du paix dont on a la charge.

La seconde chose que je voudrais dire est que le Québec n'étant pas indépendant, il n'a pas le pouvoir de décider comment la richesse produite sera répartie : à tuer des hommes ou à en soigner. Le Québec ne peut pas se plaindre puisqu'il a refusé deux fois d'être un Etat.

La troisième est en relation avec la reconnaissance du Kossovo. L'Otan avait promis à la Serbie en échange de son retrait sans combats que le Kossovo resterait partie intégrante de la Yougoslavie (la Serbie aujourd'hui). Quelques années plus tard, l'organisation trahit sa parole. Il n'y a alors plus de droit internationnal. Environ 300 ans de longue et fastidieuse construction juridique vole d'un seul coup en éclat. On en revient à la loi du plus fort brute. C'est une régression manifeste. Que les nations impérialiste et néo-coloniales le fassent est malheureusement compréhensible. Que le Canada s'y prête est désolant. Il n'y a plus d'ONU, plus de règles du jeu, plus d'arbitrage si celui qui promet renie sa parole.

Les peuples d'Afganistan ont le droit de vivre selon leurs coutumes et leurs lois propres. Les bases d'entrainement de Al Quaida étant démantelées, il n'y a strictement aucune raison que les puissances occidentales restent une minute de plus dans la région.

Les Québécois n'ont pas voulu prendre le risque d'être indépendants : les choix majeurs et décisifs leurs échappent donc. Comment un des peuples les plus pacifiques du Monde en arrive à se battre contre des Afghans ! C'est hallucinant ! Ils vont revenir avec des syndrômes post-traumatiques que le système de santé soignera comme il pourra. Pour rien du tout ! Comme si des Suisses allaient faire une guerre à l'autre bout de la planète ! C'est désolant de voir le Canada suivre l'ubris de son voisin. Ca s'appelle une satellisation. Au contraire la voix du Canada ne comptera plus du tout puisqu'acquise et négligeable. M. Harper n'a rien compris. Les Etats-Unis sont une puissance dangereuse car elle sent son déclin. Ses adversaires de plus en plus nombreux attendrent le moment où ils pourront se venger d'humiliations fantastiques et le Canada choisit ce moment pour se satelliser. Enfin, comprenne qui pourra !

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