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Me Patrice Garant et le Kosovo : Un démagogue chasseur de démagogues
Réf. : Me Patrice Garant, « Erreur ou Tromperie ? » (www.cyberpresse.ca/article/20080221/CPOPINIONS02/802210873/6732/CPOPINIONS ou www.vigile.net/Erreur-ou-tromperie)
Puisque ce texte s'insère en droite ligne de votre intervention, Mme Payette, et qu'il ne sera sans doute publié nulle part ailleurs, et chez Gesca/La Presse moins qu'ailleurs, permettez-moi de vous faire partager cette réflexion sur le sujet. Merci à vous et au Devoir.
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Dans le Cyberpresse de ce 21 février 2008, l'« émérite » professeur de droit Patrice Garant part de nouveau en croisade contre l'idée du projet d'Indépendance du Québec. Or comme celui-ci se fait en tout temps un devoir de tirer à boulets rouges sur tout ce qui pourrait se révéler susceptible de ranimer un tant soit peu cette flamme de liberté au sein de la collectivité québécoise, il s'empresse cette fois-ci de « prévenir » urbi et orbi - tantôt pour les naïfs et les crédules, tantôt à l'attention des « démagogues et malhonnêtes » qui cherchent honteusement à détourner l'opinion publique de ce qu'il serait convenu d'appeler la vérité canadienne - qu'il ne faut à aucun prix, ni de près ni de loin, associer la récente Souveraineté du Kosovo aux velléités d'Indépendance du Québec.
Or à voir combien au fil des ans ce Québécois (!) s'évertue à tenter de barrer la route de toute l'énergie de ses sophismes et de ses « procès » d'intention aux forces susceptibles d'entraîner le Québec sur le sentier de sa pleine émancipation nationale (forces hautement démocratiques par ailleurs), on se demande à la fin s'il faut en rire ou en pleurer.
Ce qui toutefois se révèle d'une tristesse infinie chez le professeur Garant, triste jusqu'au pathétique, a fortiori pour un homme de « droit », chez qui en principe la rigueur intellectuelle, le respect des faits et la bonne foi dans l'argumentation constituent des valeurs intangibles, c'est que cet expert en « idéologie du Canada » est incapable de discourir sans constamment présumer de la malhonnêteté et de la démagogie, de l'ignorance dans le meilleur des cas, chez les gens qui ne partagent pas « son » idéologie. C'est infaillible. Et ce dans tous ses textes, pourtant toujours aux allures bien professorales. Professeur Garant ne sait pas discuter, échanger, confronter les idées. De toute évidence, professeur Garant ne sait faire que dans la propagande. En l'occurrence, celle qui vise par tous les moyens à contrer l'avènement - Ô Horreur ! - d'un Québec adulte, responsable et maître de son destin.
Mais je ne m'éterniserai pas sur ce point, désormais assez connu. En particulier chez ses propres collègues de Faculté... Je me contenterai plutôt ici de renvoyer tout bonnement à la solide repartie d'une certaine dame Lacroix, naguère insérée dans les pages de la revue L'Action nationale (car ce n'est pas d'hier, en effet, que remontent les lamentations en continu de M. Patrice Garant contre les « fumistes de l'Indépendance » : http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=508&Itemid=99999999). L'analyse de cette dame démonte clairement les ressorts de la malhonnêteté intellectuelle qui jaillit en permanence de la plume de cet homme ; aussitôt qu'il s'exprime sur la Question nationale québécoise, à tout le moins (car je ne puis, bien sûr, me prononcer de manière éclairée sur la qualité sémantique de ses listes hebdomadaires d'épicerie). Analyse au reste que l'on pourrait aisément utiliser comme grille générale de compréhension pour l'ensemble des interventions dudit professeur sur son sujet de prédilection, tellement chacune de celles-ci obéit exactement au même mode mental d'opération : l'ostracisme de l'« autre ».
En clair, un démagogue qui s'indigne à perpétuité, et dans la redite constante, de la prétendue démagogie de qui ne partage pas tout naturellement les thèses à l'origine (rarement à l'issue, et pour cause) de sa propre « argumentation » démagogique. Voilà me semble-t-il, bien modestement, une définition assez juste de l'individu. C'est sans doute d'ailleurs ce qui explique qu'il n'y ait que les journaux de Gesca, en dernier ressort (à l'instar des papiers tantôt d'un René-Daniel Dubois, tantôt d'un Marcel Côté, par exemple), pour publier les affres d'une telle « puissance » intellectuelle. Car si le professeur Garant a parfaitement le droit de signifier son désaccord citoyen à l'enthousiasmant projet des René Lévesque et des Jacques Parizeau, son opposition jésuistique (entendez : toujours sous couvert de vertu) marquée au coin de la contorsion mentale, de la fausse indignation, de la mauvaise foi et du dénigrement systématique de l'« adversaire » (sans compter les très fallacieux « arguments d'autorité » que cet avocat de formation - « La louâ c'est la louâ », comme l'eût dit notre bon Séraphin Poudrier national - nous sert à grandes doses de cuillères à pot et sans jamais désarmer) finit par évacuer chez lui tout semblant ou vernis de crédibilité intellectuelle.
Va pour Gesca, disais-je. M'enfin... va pour ce qui regarde ce que l'on appelle la logique de la justification, aussi nommée « logique circulaire » (dont les André Pratte, les Lysiane Gagnon et les Alain Dubuc, de LaPresse, sont les plus « dignes » incarnations). Ce qui s'explique bien difficilement, en revanche, c'est qu'un pareil esprit ait pu faire carrière en Faculté. Faculté de droit, qui plus est. Et à cet égard, il faut bien le dire, après les Annette Paquot (http://www.vigile.net/Annette-Paquot-ou-le-fanatisme) et autres Jocelyn Létourneau (« Nos amis les Canadians », in http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&u=
http://archives.vigile.net/06-5/5.html), voire les Pascal Lang (http://archives.vigile.net/05-5/TL-2.html#11), ce n'est là rien pour redorer le blason de la notoriété scientifique et/ou philosophique du corps professoral de l'Université Laval. Ce qui personnellement, car je suis profondément attaché à cette Institution, me désole plus que je ne saurais le dire.
