Des papillons dans les yeux

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Émilie Folie-Boivin
Édition du vendredi 22 février 2008

Mots clés : Insectarium, Jardin botanique de Montréal, papillons, Québec (province)

La faune ailée prend son envol à l'Insectarium et au Jardin botanique de Montréal

Le Morpho helenor.

Alors que le froid nous brûle le bout des doigts, une activité prend son envol dans la métropole pour faire oublier, le temps d'une journée, les aléas de l'hiver québécois. On dit que l'hirondelle ne fait pas le printemps, mais le papillon, lui, l'annonce à grands battements d'ailes au Jardin botanique et à l'Insectarium de Montréal.

Pendant toute la durée de Papillons en liberté, plus de 15 000 joyaux ailés s'envoleront dans la grande serre d'exposition du Jardin botanique et se poseront sur les plantes nectarifères et autres arbres à agrumes non seulement pour s'alimenter mais aussi pour pondre leurs oeufs.

En tout, c'est une centaine d'espèces différentes que le public peut observer, tant dans les airs que dans les plates-bandes de la volière.

«C'est un véritable tour du monde», dit un des instigateurs de l'exposition vivante, Stéphane Le Tirant. «Aucun autre endroit au monde ne permet d'observer en même temps des papillons d'Indonésie, du Costa Rica et de la Malaisie!»

Ce passionné a également jeté son dévolu, pour la onzième année consécutive, sur les papillons d'Afrique. Si la plupart des espèces qui parcourent la serre proviennent de ce continent, le public retrouvera une trentaine d'espèces qu'il chérit depuis les débuts de l'exposition, notamment les classiques monarques et les morphos bleus.

L'équipe d'entomologistes et d'horticulteurs doit être aux petits soins avec ce fragile bijou, aussi léger et aussi serein que la symbolique du papillon peut l'évoquer. Le taux d'humidité de la serre, la température et l'ensoleillement sont des critères essentiels à l'activité des papillons. Si la volière est trop ensoleillée, les papillons demeurent en hauteur, attirés par l'astre lumineux. Dans le cas contraire, ils restent immobiles puisque le soleil ne les a pas chargés d'énergie. En ce sens, les papillons sont de véritables piles à énergie solaire.

Les autres volières à papillons du monde ont tout à envier à la mezzanine de la serre du Jardin botanique. «Ce deuxième étage maximise l'espace puisque les papillons sont habitués de voler à différents niveaux», explique M. Le Tirant. Ainsi, les papillons aux ailes d'oiseaux peuvent voler à la cime des arbres alors que les plus petits peuvent s'abreuver en toute tranquillité du nectar des fleurs, quelques mètres plus bas.

À l'extrémité de la volière, la cascade d'eau de pluie est un véritable terrain de jeux pour les morphos bleus. Une centaine de joyaux azur y dessinent un ballet de haute voltige pour s'abreuver aux gouttelettes d'humidité.

La serre est un paradis pour les lépidoptères. Les conditions sont favorables, la nourriture abonde. Et les prédateurs? Absents. Le seul danger pour le papillon est le visiteur sur deux pattes qui ne se contente pas de le toucher de ses yeux.

Pour ceux qui ne peuvent pas se contenter de regarder, quelques trucs permettent de séduire le papillon. Les vêtements de couleur vive, le parfum et la sueur attirent les précieux insectes. La sueur? M. Le Tirant mentionne que dans la nature, ils s'abreuvent d'eau dans laquelle se trouvent des sels minéraux.

À défaut d'une abondante sudation, le visiteur aux cheveux fraîchement lavés par un shampooing au parfum fleuri pourra parfois y voir un papillon recharger ses batteries.

Au fil de l'activité, on peut assister à l'émergence des papillons dans une cage vitrée où sont suspendues des chrysalides. Évidemment, tous les papillons qu'on retrouve dans la serre n'y naissent pas. Le travail se passe surtout en coulisse.

Les papillons arrivent par colis sous forme de chrysalides. Quelques jours plus tôt, ils n'étaient encore que des chenilles qui dévoraient des feuilles dans une contrée éloignée. Les chrysalides sont commandées dans des fermes d'élevage à travers le monde; lorsqu'elles arrivent par avion, elles sont déballées de leur ouate une à une, puis arrosées et réchauffées jusqu'à l'éclosion. Ce travail de moine ne prend fin que le dernier jour de l'exposition, et encore!

Papillons en liberté est né il y a 11 ans d'un projet fou mené par Stéphane Le Tirant et Fernand Boivin. Mais avant même que l'exposition ne se tienne dans la grande serre, voire dans la plus petite, les deux passionnés avaient érigé, en 1990, une petite volière de papillons du Québec à l'extérieur de l'Insectarium.

Lorsque le Jardin botanique a cherché à ajouter des activités à sa programmation, ils ont sauté sur l'occasion. «Si on interprète les papillons du Québec l'été, pourquoi ne pas faire la même chose avec les papillons tropicaux l'hiver?», s'est dit M. Le Tirant.

Malgré les refus, MM. Boivin et Le Tirant ont persisté, et le projet est devenu un incontournable de la programmation. Si bien qu'une centaine de personnes y travaillent tous les ans. Six mois avant l'ouverture, selon la thématique et les insectes ailés, les botanistes produisent les plantes afin qu'elles soient en fleurs à temps pour l'arrivée des papillons... et des visiteurs.

Ainsi, contre vents et glaciales journées, les papillons poursuivront leurs envolées jusqu'au 27 avril.

- Papillons en liberté, au Jardin botanique et à l'Insectarium, 4101, rue Sherbrooke Est, Montréal, www.museumsnature.ca.


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félicitations! - par Aubé Louise (laube@globetrotter.net)
Le vendredi 22 février 2008 09:00

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