Concerts classiques - Ferveur collective à la Place des Arts
Mots clés : Hockey, Musique, osm, Québec (province)
«Y'en a pas de facile» et celle-là ne l'était pas! Composer une musique sur le hockey, une musique qui réunisse les communautés en apparence les plus éloignées: les mélomanes et les foules sportives. Il y avait toutes les chances que ce soit quétaine, mais François Dompierre et Georges-Hébert Germain ont réussi leur pari.
L'univers musical de Dompierre tient de Copland dans l'ouverture, souvent de Respighi et beaucoup du Chostakovitch des suites de jazz, dont on retrouve les couleurs (clarinette et saxophone alto) dans le mouvement intitulé «Rêve» (une valse) et dans «Défaite», qui fait également la part belle au trombone. «Défaite» vire rapidement en une sorte de musique de film des années cinquante, un genre repris, mais en version hymnique dans «Gloire», le dernier mouvement. Dans «Guerre», le rythme martial, décalqué d'un hybride de Prokofiev et Respighi, dévie rapidement sur un tango. Partout l'orchestration est opulente et habile et l'utilisation des thèmes connus (fanfare et soirée du hockey) reste subtile.
Le Français Régis Campo, l'orchestrateur très habile des Sports et divertissements, qui du «pas grand-chose» de Satie a fait mieux que rien, aura des choses à raconter à Paris. Il en a pris plein les yeux et les oreilles. Personnellement, je ne vois pas les «classiqueux» de la Salle Pleyel se lever à l'entrée de Michel Platini en écoutant une composition inspirée par le soccer et l'épopée des «Bleus». L'ambition de Germain et Dompierre de créer une oeuvre exportable et généraliste est peut-être téméraire. Il n'a fallu qu'une soirée pour que Les Glorieux «colle» à Montréal, transporte l'auditoire et les musiciens, tous visiblement heureux.
Que restera-t-il des Glorieux une fois évacué le happening de la création, les joueurs apparaissant sur l'écran ou sur scène, et Kent Nagano enfilant la précieuse flanelle pour conclure la cérémonie avec Chariots de feu et la musique de la soirée du hockey? On verra: la reprise est déjà programmée pour un «Concert sur la glace», le 2 avril 2009 au Centre Bell. En tous cas, en dix-huit mois, le chef a réussi son pari le plus fou: replacer l'orchestre symphonique comme un acteur de la cité, parmi les gens de tous horizons qui l'animent et la peuplent. On attend maintenant de voir la délégation des joueurs du Canadien assistant à la Symphonie du Nouveau Monde ou au Boléro.
Le concert débutait par Ein Heldenleben, confirmant les prédispositions de notre chef pour la musique de Strauss, dont il sait étager les rythmes et les nuances en préservant les silences et le suspense. On reparlera de classique la prochaine fois. Hier c'était vraiment autre chose qui comptait...
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PAROLES ET MUSIQUE
Strauss: Ein Heldenleben. Satie/Campo: Sports et divertissements. Dompierre: Les Glorieux, récit musical (création). Lucien Ratio et François Dompierre (récitants), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Salle Wilfrid-Pelletier, mercredi 20 février.
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