TV5 Monde - Les partenaires de Paris cherchent une riposte au projet français

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AFP
Édition du jeudi 21 février 2008

Mots clés : TV5 Monde, Média, France (pays)

Paris -- Les partenaires francophones de la chaîne TV5 Monde, qui se réunissent à Ottawa en fin de semaine, vont chercher une riposte à la réorganisation par Paris de son audiovisuel extérieur, qui menace, selon eux, l'existence de ce média unique au monde.

Paris a officiellement chargé hier Alain de Pouzilhac, p.-d.g. de la chaîne d'information internationale France 24, de créer rapidement une holding dénommée France Monde qu'il présidera et qui doit regrouper à la fois France 24, Radio France Internationale et TV5 Monde.

Il sera secondé par la journaliste Christine Ockrent, compagne du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui occupera ensuite le poste de directrice générale de France Monde.

Depuis plusieurs mois, les partenaires en Suisse, en Belgique, au Canada, au Québec et à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) critiquent ce projet, craignant que TV5 ne devienne, sous une forme ou une autre, «la voix de la France». La Belgique et la Télévision suisse romande (TSR) sont allées jusqu'à menacer de se retirer purement et simplement de la chaîne.

Le président de la TSR, Gilles Marchand, a affirmé hier que les partenaires n'avaient pas été associés aux nominations annoncées par Paris, les syndicats de la chaîne dénonçant de leur côté «un passage en force» des pouvoirs publics français.

Dans son communiqué, l'Élysée a assuré que «le caractère multilatéral [de TV5 Monde] sera respecté et préservé» alors qu'on ignore à ce stade quelle forme prendra le rapprochement des trois médias.

Il n'est «pas question» de fusion entre les trois entreprises: il s'agit plutôt de trouver des «synergies» et de les «faire travailler ensemble», a assuré M. de Pouzilhac après sa nomination.

Financée à 84 % par la France, TV5, diffusée dans 202 pays et revendiquant plus de 25 millions de téléspectateurs, est atypique dans le paysage audiovisuel, bénéficiant de programmes de tous les partenaires francophones qui partagent également le pouvoir de décision.

C'est une particularité que les partenaires ne veulent pas voir disparaître. Ils ont confirmé la tenue d'une réunion demain à Ottawa de hauts fonctionnaires de la Suisse, de la Belgique, du Canada et du Québec. Les «quatre» doivent être rejoints samedi par des représentants français.

«Nous sommes dans une logique de recherche d'une solution à cinq pour une TV5 optimisée», a assuré Pascal Sac, porte-parole de la ministre de l'Audiovisuel de la communauté française de Belgique Fadila Laanan, la plus virulente opposante au projet français.

Mais les partenaires francophones veulent d'abord que soient précisés des aspects du projet potentiellement «inquiétants», notamment quant au «périmètre» de la nouvelle holding et ses relations avec TV5.

Tout en se refusant à parler de «front des quatre petits» contre la France, Pascal Sac a expliqué qu'«on réfléchit à des propositions alternatives à faire à la France pour améliorer TV5 dans certains domaines si les clarifications de Paris ne sont pas satisfaisantes».


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