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In medio stat virtus ?

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Denis Beaulé
Envoyé Le jeudi 21 février 2008 13:00



On est censé savoir, et ce depuis de nombreux siècles, que la santé n'est pas un «bien» comme les autres. Qui serait peu propre, donc, à une marchandisation ou à une «computation», comme n'importe quel autre produit courant de consommation. Plutôt, comme disait «l'autre», « la conservation de la santé est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ».

Voilà pourquoi, en principe du moins, à cet égard, tout groupe, tout État ou tout individu ne devrait pas tendre à lésiner concernant ce qui est requis pour favoriser la préservation ou la promotion de sa propre santé, celle de ses frères et soeurs, de ses pères et mères, de ses enfants ou d'autres proches. Si tant est, bien sûr, qu'on s'aime soi-même. Et si, solidaire(s), on se préoccupe aussi de faire du bien ou, sinon, d'éviter tout au moins de faire du tort à quiconque.

Mais qui est-ce, ça, «quiconque» ? Cela ne renverrait-il qu'à nos seuls congénères ou est-ce que c'en impliquerait aussi d'autres (e.g. d'autres générations) ? Il semble que ce soit ceci plutôt que cela. Si bien qu'on aurait aussi le devoir de ne pas rendre malades les générations à venir, en les surchargeant d'une dette sous laquelle elles auraient de fortes chances de s'effondrer.

Par ailleurs, il ne faudrait pas rendre indûment ou exagérément malades non plus, par mauvais jugement ou mauvaise application d'un principe, certaines cohortes de notre société présente, en les surchargeant, elles. De telle sorte qu'il en coûterait alors plus cher pour les «rescaper» ensuite qu'il n'en aurait coûté pour prévenir la détérioration de leur condition. Laquelle en ferait des personnes «à charge» de l'État, au lieu de pouvoir continuer à être productives.

Comme on peut le voir, il s'agit donc de trouver un point d'équilibre optimal entre l'État-qui-se-mêle-de-tout, qui fait tout, tout le temps, partout ; et l'État qui soutient ou veille à ce que soient soutenus principalement ceux en ayant le plus besoin, de la façon la plus économe possible, en considérant tant le court que le moyen et long terme, de manière à ne pas devoir (faire) payer au double ou au triple, soi-même peu après ou d'autres longtemps après. À cette fin, s'imposent une conception et une application à la fois des plus rationnelles et rigoureuses, en même temps que des plus humaines, de principes censés pouvoir prévaloir en un monde se disant aussi solidaire et sensible que sensé.

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