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Notre nouvelle devise : « Il est urgent d'attendre ! »
Et, n'en déplaise à monsieur Mario Tremblay, les réformes à la pièce sont un moyen infaillible de préserver le statu quo. En effet, ce n'est certainement pas en traitant un arbre à la fois qu'on réussira à traiter une forêt contre une invasion de 'mineuses'... Et cela, nos (minables) politiciens le savent si bien qu'ils s'évertuent à s'enfarger dans les pétales des fleurs du tapis, que ce soit en Santé, en Éducation, en Économie ou en matière de dynamique Fédéral/Provincial. Après tout, l'important est de se faire réélire, non ?
Je demeure pour ma part convaincu qu'on pourra aller vers une solution éclairée en Santé, le jour où on regardera la problématique de manière globale ou systémique et surtout, de manière courageuse.
Par exemple, pourquoi ne pas questionner simultanément : le contingentement à l'entrée en médecine ainsi que les critères d'admission, les conventions collectives trop nombreuses et trop rigides qui nuisent à la productivité et à la rétention des compétences, les chasse-gardées entre les spécialités, le refus de déléguer certaines tâches qui demandent moins de formation/compétence professionnelle, la productivité des personnes mais aussi des installations, une complémentarité de bon aloi entre le public et le privé, la participation pondérée du privé au financement de l'ensemble du secteur en tant que partenaire, le contrôle des coûts de l'enveloppe globale et le financement à long terme, la part relative raisonnable de la Santé en regard des autres secteurs d'activité, la lourdeur et l'ampleur excessive des infrastructures administratives, l'équilibre raisonnable dans la rémunération de tous les intervenants, l'éducation de la population à 'entrer par la bonne porte' dans le réseau, des décisions politiques courageuses qui empêchent le dédoublement onéreux et suicidaire (au plan économique) des infrastructures (ex : le dossier des Centres Hospitaliers Universitaires), la remise en question de 'l'approche-bénéficiaire' versus 'l'approche-client' (contrer l'arrogance du personnel doté d'un statut de permanent 'à vie'), le ticket modérateur pour ceux qui abusent du système, des 'tables d'écoute active' (au niveau du tri) pour ceux/celles qui vont voir le médecin ou qui se rendent aux urgences comme si on pouvait y trouver là un psy accommodant ou un directeur de vie..., la mise au rancart des politiques de nivellement par le bas, la résistance automatique à tout changement dans l'ordre établi, etc. Cette liste est ouverte à qui veut bien la compléter...
Bien sûr, la tarte est grande à bouffer et une telle position risque de ne pas faire plaisir à tout le monde. Surtout ceux à qui profite ce système (intervenants et clientèles). La première étape consiste à reconnaître collectivement qu'il y a une tarte pas mal indigeste devant nous, selon moi. Je ne crois pas que de s'attaquer aux ingrédients, un à la fois, rendra cette tarte plus comestible !
Bref, est-il possible de marcher et de mâcher de la gomme en même temps ? Est-il possible d'aller de l'avant plutôt que d'avancer en arrière ? Ce qui semble se dégager à date, c'est que ce dossier est bien mal parti et qu'il risque d'avorter une fois de plus quand on voit les polémiques qu'il suscite aussi bien chez ses défenseurs que chez ses pourfendeurs. Je trouve la position de monsieur Couillard tout simplement irresponsable et couillonne (imbécile). C'est pas trop grave, cependant. Le jeu du statu quo et du crêpage de chignon est en train de se substituer au hockey comme notre sport national ! « Donnez leur du pain et des jeux », disait la maxime ...
À quand une nouvelle devise pour le Québec : « Il est urgent d'attendre ! » ou encore : « D'un statu quo à l'autre ...».
Quant à moi, ça me dit que je vais suivre attentivement ce qui se dira (ou s'analysera) dans les prochains jours à ce sujet, aussi bien 'pour' que 'contre'. Après tout, c'est ce domaine qui bouffe une grande partie de mes impôts, à tort, ou à raison. Règle générale, j'aime bien en avoir pour mon argent quand je donne un gros contrat à un fournisseur de services. Présentement, le service offert par le secteur de la Santé ne passe pas la rampe de l'analyse coûts/bénéfices que j'en fais. Alors ...
Jean Desjardins
Laval
