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Paralysie

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Pierre-Yves Pau
Envoyé Le mercredi 20 février 2008 08:00



Le débat sur la santé est mort-né au Québec: l'agenda est contrôlé, d'une part par les syndiqués du secteur public, qui ont le pouvoir de faire baisser ses culottes à n'importe quel gouvernement, et d'autre part par une puissante corporation, le Collège des médecins, dont est d'ailleurs issu le ministre de la santé.

Les syndiqués du public ne veulent aucune remise en cause du statut du système public actuel, aucun changement. Le Collège des médecins lui, n'acceptera de changement que si c'est pour se diriger vers un système à l'américaine, le plus rentable pour les médecins, mais aussi le plus dispendieux, c'est à dire un duopole (= cartel) du public et du privé fonctionnant de façon strictement indépendante.

On peut comprendre les points de vue des syndiqués et des médecins, mais le pouvoir concentré entre les mains de ces deux groupes fait qu'une évolution vers un système 'à l'européenne' (je pense à la Norvège ou à la Suède, en particulier), qui serait le plus adapté aux valeurs et au portefeuille des Québécois, est tout simplement impossible.

Naguère, les gouvernements ont pu s'appuyer sur les masses populaires pour imposer le système public contre la volonté des médecins, parce que ces derniers étaient alors seuls contre tous; mais défier à la fois la corporation des médecins ET les syndicats, ce serait un suicide politique... même pour les Libéraux.

Or, le résultat des courses pour les patients, c'est donc le choix entre le système actuel - qui ne fonctionne pas bien -, ou un système qui marcherait peut-être un peu mieux, mais dont beaucoup seraient exclus financièrement.

Dans ces conditions, il existe un équilibre naturel entre les stratégies des deux groupes susmentionnés, étant donnée la préférence des électeurs: c'est le statu-quo - un système public et un système privé qui s'ignorent mutuellement -, qui apparait donc comme la 'moins pire option' à la majorité, car entre deux maux il faut choisir le moindre.

Malheureusement, c'est aussi pour cette raison que la commission Castonguay a perdu son temps, c'est pour celà que le ministre Couillard continue obstinément à voir l'urgence de ne rien faire, et c'est pour ça que le Québec va rester paralysé sur cette question, comme sur beaucoup d'autres.

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