Le Canada serait mal placé pour dire non au Kosovo. On connaît les raisons de la Serbie, de la Russie et de l'Espagne. Celles de la Serbie et de la Russie peuvent, à la limite se comprendre : le Kosovo est le coeur de ce pays slave qu'est la Serbie. Mais tant pour l'Espagne que pour le Canada, les raisons de dire non font ressortir une certaine mesquinerie, d'autant plus que la quasi totalité des Kosovars s'est prononcée librement pour la sécession. Chez nous, même la loi Dion sur la clarté amènerait le Canada à dire oui à une sécession éventuelle du Québec. Et la participation active du ROC pour le non lors des deux référendums québécois reconnaissait implicitement le droit des Québécois de décider unilatéralement de leur avenir au sein ou hors du Canada. Et le danger est pour le moment plutôt théorique, puisque les intentions souverainistes stagnent autour de quarante pour cent. Étant donné les positions claires de l'ONU et de l'OTAN dans le cas du Kosovo, le Canada ne ferait par un non qui s'ajouterait à celui de Kyoto qu'ajouter à son discrédit international déjà très florissant. Mais avec Harper, sait-on jamais ?