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Bravo Ali!
Québec n'a jamais eu véritablement d'industries (à part l'Anglo Pulp qui a depuis changé de propriétaire 3 ou 4 fois), Québec n'a jamais connu d'immigration importante, elle est restée tranquille, provinciale, dominée par une petite élite qui se fait très discrète mais qui a toujours été fort habile à contrôler les institutions et à cultiver la "fierté" locale pour mieux empêcher les influences extérieures de venir perturber cette bienheureuse stagnation des esprits.
Je suis né et j'ai passé les 20 premières années de ma vie à Québec. Je l'ai quittée dès que j'ai pu, il y a plus de 35 ans, pour exactement les raisons qu'évoque Ali. J'avais besoin de respirer, d'être stimulé par le contact avec l'autre, de rencontrer des gens différents, de m'ouvrir sur le monde. J'ai trouvé mon salut à Montréal.
Et chaque fois que je retourne à Québec, malgré la beauté de la ville (elle a vraiment pris du mieux depuis le passage du maire L'Allier), je sens le moisi, l'étroitesse, le conservatisme qui suinte des murs, des rues trop propres, des parterres muets.
Je sens la domination du conquérant, dans la Citadelle, à un jet de pierre du Parlement, et la soumission habituelle du peuple, toujours prêt à oublier son sort dans un gros "party", prêt à descendre dans la rue au nom de la "liberté" de descendre aussi bas que possible, pourvu qu'on rit. Je sens cette colère rentrée face au mépris condescendant qui exsude des belles demeures de la Grande Allée et de Sillery l'anglophone. Mais la colère craint de s'exprimer ouvertement, elle se transforme en maladie mentale, elle s'abrutit pour ne pas sentir.
Québec aurait besoin de rugir et de secouer son hébétude. Pour cela, il lui faudra entendre deux ou trois choses pas très agréables et commencer par secouer le joug qu'elle porte depuis deux cent cinquante ans.
Québec, donne-moi une bonne raison de t'aimer!
