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À voir l'image, on en oublie le fond

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le lundi 18 février 2008 10:00



À voir l'image, on en oublie le fond.

C'est le drame de nos démocraties (sic).
De moins en moins démocratique et de plus en plus que de l'image.
Combien de ligne M. Stréliski pond-il pour nous parler de l'image?
Combien pour le fond, pour la dérive, pour la réalité de cette démocratie de l'image?

À ne voir que la pointe, à ne discuter que de la pointe, on en oublie ce qui la supporte.
Imaginer le danger de ne considérer que la pointe d'un iceberg. Pour un bateau, c'est le naufrage assuré. Nous sommes dans ce bateau. Ce bateau c'est "NOTRE" démocratie. On parle de l'image de Sarkozy et nous vivons avec des images. Celle de Bush, celle de Musharraf, celle de Castro, celle de Poutine, celle de Chávez, celle de Harper, celle de la Birmanie, celle de la Chine, celle du Kenya, celle du Tchad, celle de l'Afrique...

De longues chroniques sur les images! On s'évertue à discourir sur les pointes et on ne voit jamais le dessous. Comme si seules les pointes existaient!

À trop parler de l'image de ce Sarkozy, on en oublie les dérives graves et néfastes. Comme un retour en arrière, une dangereuse dérive.

De conclure que Sarkozy devrait écouter les meilleurs spécialistes pour peaufiner son image et continuer de "crosser" les Français-es et le reste du monde, m'apparaît irresponsable.
La politique, paradoxalement, n'est pas une question d'image.
Malheureusement, c'est, bien sûr, ce que c'est devenu, mais fondamentalement, la politique est bien loin d'être une question d'image. C'est une question de principe, de valeurs, d'enjeux sociologiques importants.

Quelle tristesse de constater que "NOTRE" démocratie nous échappe au profit des maîtres économiques qui savent s'associer aux plus grands spécialistes de la fabrication d'image.

M. Stréliski oeuvre dans un des meilleurs secteurs aujourd'hui, celui de l'image, c'est-à-dire, de la propagande, de la manipulation de l'opinion, de la perception du monde.
Quand Paul Desmarais a dit à son ami Sarkozy: "Mon petit bonhomme... tu es quelqu'un qui sera bien pour la France.»...
( http://www.cyberpresse.ca/article/20080216/
CPACTUALITES/80215175/1019/CPACTUALITES ) et que quelques années plus tard, Sarkozy est devenu président!

C'est là que nous constatons que toute la puissance économique de Power Corp a su dénicher les meilleurs fabricants d'images, les meilleurs psychologues de la propagande, les meilleurs «spécialistes» de l'image pour faire en sorte que le petit bonhomme soit élu!

Quelle tristesse de constater que "NOTRE" (sic) démocratie se résume maintenant à l'image et qu'on nous passe tout ce que l'on veut, sous notre nez.
Il faut cesser de regarder les images, il faut cesser de croire qu'il n'y a rien sous la pointe.
Il faut s'efforcer de s'attarder au fond, aux idées, aux actes, aux politiques, à la misère, à la souffrance, aux profits indécents de certains. Il faut s'efforcer de voir sous la surface, il faut rompre notre naïveté de perception, rejeter les images et voir le fond.

Efforçons-nous à rejeter les stratégies d'images


Serge Charbonneau
Québec

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