Afghanistan - Une fête tourne au carnage à Kandahar

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AFP
Édition du lundi 18 février 2008

Mots clés : attentat suicide, Décès, Violence, Afghanistan (Pays)

Cet attentat pourrait être le plus sanglant de l'Afghanistan depuis le renversement des talibans à la fin de 2001

Un policier afghan monte la garde sur la scène du terrible attentat.

Photo: Agence Reuters

Kandahar -- Entre 65 et 80 personnes ont été tuées et des dizaines blessées hier dans l'un des attentats suicide les plus meurtriers commis en Afghanistan, attribué aux talibans et perpétré lors d'un spectacle de combat de chiens dans une ville du sud, Kandahar.

Cet attentat au bilan non encore définitif pourrait être le plus sanglant de l'Afghanistan depuis le renversement des talibans à la fin de 2001. Celui commis le 6 novembre dans la province nord de Baghlan et considéré jusqu'à présent comme le plus meurtrier de tous avait fait 79 morts, dont six parlementaires et des dizaines d'enfants.

Peu avant midi, «un kamikaze a actionné les explosifs qu'il portait au milieu de la foule dans le 7e district de Kandahar tuant plus de 65 personnes et en blessant plus de 50 autres», a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué dit «révisé», après avoir annoncé dans un premier temps 80 morts.

Parmi eux, des policiers, a précisé le ministère. «Un certain nombre de blessés sont dans un état grave et l'éventualité d'une augmentation du nombre de victimes existe», ajoute le communiqué. «Quatre véhicules civils ont été entièrement détruits», selon la même source.

Le gouverneur de la province, Asadullah Khalid, lui, a annoncé au moins 80 morts. «Soixante et un corps avaient été amenés à l'hôpital de Mirwais [le plus grand de la ville] et trois blessés sont morts à l'hôpital militaire. Plus de 20 autres ont été emmenés par leurs familles», a-t-il déclaré dans la soirée à l'AFP.

Un responsable de l'hôpital militaire a indiqué à l'AFP que 90 blessés se trouvaient dans les deux principaux centres médicaux de Kandahar.

Seize Afghans grièvement blessés été transférés dans le centre médical de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan dans la base de Kandahar, selon cette dernière.

Le général canadien Mar Lessard, responsable du Commandement Régional Sud (RC SOUTH) de l'Isaf, a condamné cette attaque. «Les autorités afghanes et les forces de sécurité afghanes mènent l'enquête sur cet incident et nous nous tenons prêts à offrir le soutien de l'Isaf à cette enquête si nécessaire», dit le communiqué.

«C'est la plus importante attaque que j'aie jamais vue à Kandahar», a déclaré à l'AFP le chef du Conseil provincial, Wali Karzaï, frère du président Hamid Karzaï. En visite officiel au Qatar, ce dernier a fait porter la responsabilité de cette attaque aux «ennemis de l'Afghanistan qui ne peuvent tolérer le bonheur de notre peuple», selon un communiqué. «De tels actes sont opposés aux valeurs de l'islam», a-t-il dit.

Wali Karzaï et Asadullah Khalid ont rendu les talibans responsables du carnage, mais un porte-parole des talibans, Youssouf Ahmadi, a refusé de le revendiquer.

Sur le lieu de l'attentat, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de victimes emmenées d'urgence à bord de voitures vers les hôpitaux de la ville. Plusieurs corps, beaucoup de vêtements couverts de sang voisinant avec des restes humains jonchaient le sol aux côtés du cadavre d'un grand chien. Des dizaines de personnes paniquées se mouvaient en tous sens, a-t-il également constaté.

«Plus de 500 personnes s'étaient réunies pour assister à cette compétition entre chiens», a raconté à l'AFP un témoin, Abdul Karim. «Et tout à coup j'ai entendu une énorme explosion près d'un véhicule de police».

Un adolescent en larmes, Yaqoub a déclaré à l'AFP: «Mon frère a été tué. Il avait 23 ans. Nous nous étions réunis pour pique-niquer» autour du lieu du combat de chiens. Lorsqu'ils étaient au pouvoir, les talibans avaient interdit les spectacles de combat de chiens, ainsi que tous les autres combats entre animaux, les jugeant «anti-islamiques».


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