Irak - Nouvel attentat suicide à Bagdad

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AFP
Édition du lundi 18 février 2008

Mots clés : al-Qaïda, attentat suicide, Forces armées, États-Unis (pays), Irak (pays)

Des sunnites cessent de coopérer avec l'armée américaine

Un soldat irakien prend position alors qu'il patrouillait hier dans les rues de Bagdad.

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- Une nouvelle femme kamikaze s'est fait exploser hier tuant au moins trois personnes à Bagdad, et un groupe armé sunnite mobilisé contre al-Qaïda a annoncé qu'il abandonnait la lutte pour protester contre des attaques américaines.

Dans le même temps, un attentat à la voiture piégée a fait trois tués dans la ville de Mossoul, où les troupes irakiennes et américaines traquent les affiliés d'al-Qaïda en Irak, qui en ont fait leur repaire.

Dans le quartier central de Karrada, à Bagdad, une femme déguisée en mendiante a actionné sa ceinture d'explosifs, dissimulée sous une longue robe traditionnelle noire, dans un magasin d'équipements électriques.

Outre la femme, trois personnes ont été tuées et dix autres blessées, selon un nouveau bilan fourni par une source au sein des services de sécurité.

La kamikaze, que des militaires avaient trouvée suspecte, avait fui après avoir été stoppée à un barrage pour se réfugier dans le magasin où elle s'est fait exploser.

Un communiqué de l'armée américaine a toutefois démenti que l'attaque ait fait des victimes, affirmant que «le seul mort dans cet incident est la femme kamikaze». Deux soldats irakiens ont été blessés, a-t-elle précisé.

Entre janvier 2007 et février 2008, dix attentats suicide ont été commis par des femmes en Irak, dont six au cours des quatre derniers mois, selon des chiffres de l'armée américaine.

Près de 100 personnes ont été tuées le 1er février dans deux attentats suicide sur des marchés de Bagdad, commis par deux femmes handicapées mentales portant chacune une veste d'une quinzaine de kilos d'explosifs, avec des boulons et des billes de métal.

À Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, un policier et deux civils ont été tués dans l'explosion d'une voiture piégée, a indiqué une source policière.

Mossoul a été décrit par le commandement américain comme l'épicentre de la lutte contre Al-Qaïda, repoussée hors de Bagdad et ses environs.

Protestation

Dans le sud du pays, un groupe des «forces du réveil», des combattants en grande majorité sunnites financés par l'armée américaine pour lutter contre Al-Qaïda, a cessé sa coopération militaire après la mort de trois de ses membres samedi. Il s'agit du premier mouvement de protestation de ce genre rendu public depuis la mise en place de ces groupes en septembre 2006.

Selon le chef des «forces du réveil» à Jorf al-Sakher, dans la région d'Hilla (100 km au sud de Bagdad), les trois hommes ont été tués par un tir d'hélicoptère américain, ce qui porte selon lui à 19 le nombre de ses hommes tués par les forces américaines en un mois.

«Les forces américaines ont visé nos forces pour la troisième fois en un mois ce qui prouve que cela avait été préparé et programmé à l'avance», a affirmé à l'AFP le chef des combattants, Sabah al-Janabi.

«Nous avons décidé de quitter nos fonctions afin de protéger la vie de nos hommes», a poursuivi M. Janabi. Mais, a-t-il souligné, «nous resterons vigilants face à quiconque tenterait de mener des attaques dans notre région».

Le porte-parole du commandement américain, le contre-amiral Gregory Smith, a indiqué dimanche que le tir de l'hélicoptère avait été provoqué par «une conduite agressive de membres d'un groupe». «Des groupes extrémistes ont infiltré [les combattants luttant contre al-Qaïda]», a-t-il justifié.

Les «forces du réveil» ou encore les «fils de l'Irak», sont des groupes mobilisés depuis septembre 2006 avec le soutien financier américain pour lutter contre al-Qaïda.


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