Présidentielle américaine - Obama et Clinton s'affrontent sur les «super délégués»

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AFP
Édition du lundi 18 février 2008

Mots clés : Hillary Clinton, Présidentielle américaine, Barack Obama, Élection, États-Unis (pays)

Washington -- La campagne présidentielle américaine s'est envenimée hier, les deux camps des candidats à l'investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, s'affrontant sur la façon dont le parti doit désigner son candidat, et notamment le rôle des «super délégués».

Après huit défaites consécutives au profit du sénateur de l'Illinois, et avant les primaires demain dans le Wisconsin qui promettent d'être serrées, Hillary Clinton et ses conseillers ont laissé entendre que les «super délégués» n'étaient pas tenus de respecter les résultats des scrutins dans leur État.

Les «super délégués», participants honoraires à la convention démocrate chargée en août de choisir le candidat du parti, représentent environ 40 % des voix nécessaires pour obtenir l'investiture. Ils peuvent voter pour le candidat de leur choix et pourraient jouer un rôle déterminant si aucun des deux candidats ne remporte les 2025 délégués nécessaires à l'investiture.

Selon le gouverneur de l'Ohio, Ted Strickland, qui a apporté son soutien à l'ancienne première dame, les 796 «super délégués» sont indépendants et «c'est la règle», a-t-il affirmé hier sur la chaîne Fox.

«Les «super délégués» sont censés exercer un jugement indépendant», avait martelé samedi l'ancienne première dame, qui bénéficie de promesses de soutien d'un plus grand nombre de «super délégués» que son adversaire, citée par le Washington Post.

«Je pense que ce serait un désastre absolu pour le parti démocrate que les «super délégués» aillent à l'encontre» des résultats des primaires et caucus, a répliqué hier le gouverneur du Wisconsin, Jim Doyle, qui soutient Barack Obama.

Mais pour Craig Holman de l'organisation citoyenne Public citizen, les «super délégués» sont «anti-démocratiques» par nature. Ce système «est spécialement conçu pour que les initiés [...] puissent avoir le dernier mot sur la décision finale concernant le choix du candidat, quelle que soit la volonté des électeurs», a-t-il dit au Los Angeles Times.

Barack Obama, qui mène pour l'instant la course en tête en nombre de délégués -- 1302 contre 1235 en tenant compte des «super délégués», selon le site spécialisé RealClearPolitics --, affirme pour sa part que les «super délégués» devraient porter leur choix sur le candidat qui mène le suffrage populaire.

Il compte remporter demain les primaires du Wisconsin et de Hawaii, où 74 et une vingtaine de délégués sont respectivement en jeu.

L'autre débat qui secoue le parti démocrate concerne l'invalidité des résultats des primaires du Michigan et de la Floride, remportées par Hillary Clinton. Ces États ont été privés de délégués pour avoir transgressé les règles du parti en avançant la date de leurs consultations.

Pour Harold Ickes, l'un des responsables de la campagne de Mme Clinton, ces primaires doivent être prises en compte. «L'équipe de campagne de Mme Clinton devrait se concentrer sur la conquête des délégués par les élections, pas sur ces tactiques [...] qui pourraient mettre en péril la capacité des démocrates à remporter l'élection» présidentielle, a répliqué le directeur de campagne de Barack Obama David Plouffe.

Côté républicain, le favori John McCain, qui s'est dit «optimiste» hier, compte sur une victoire dans le Wisconsin demain pour se rapprocher du seuil des 1191 délégués nécessaires pour s'assurer l'investiture à la convention de Minneapolis en septembre. Il dispose déjà de 825 délégués, contre 240 pour son adversaire, l'ex-pasteur baptiste Mike Huckabee, et devrait bénéficier dès aujourd'hui d'un nouveau coup de pouce avec le soutien attendu de l'ancien président George Bush, le père de l'actuel président.


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