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La tyrannie des systèmes
Le problème du monde universitaire est le même que celui qui gruge le monde rural, les corporations professionnelles, le système de santé, les mégas entreprises fusionnées et l'hydre médiatique, c'est le corporatisme.
Le corporatisme est un mécanisme par lequel on s'en remet uniquement aux spécialistes pour questionner le système, alors que ces entités appartiennent au public. Les professeurs d'université, les agriculteurs, les avocats, les comptables, les médecins et les PDG ont toujours raison dans le système qu'ils gèrent et dans le méta système qu'ils contrôlent à travers les lobbys et les conseils d'administrations d'entreprises privées et publiques qu'ils investissent en occupant majoritairement les sièges.
Confier un problème à un spécialiste est un réflexe normal. Toutefois, dans le système corporatiste, ce ne sont pas toujours les spécialistes les plus compétents qui ont le plus d'influence, ce sont les mieux branchés.
Comme il faut toujours plus d'argent pour nourrir le système qui est condamné à toujours grossir, justement à cause des coûts de système, il faut nécessairement plus de pouvoir pour aller chercher cet argent. C'est là qu'arrive l'effet pervers d'un système géré uniquement par des spécialistes et pour des spécialistes, puisque la première qualité qu'on recherche chez un spécialiste investi de pouvoir, c'est son réseau, pas sa compétence. Alors que nous sommes persuadés que nous avons confié la gestion du système à des spécialistes, nous nous retrouvons avec une meute de politiciens, de lobbyistes, de resquilleurs et de chevaliers d'industrie.
Alors, quand les spécialistes nous disent plus d'argent, plus de privé, plus de pouvoirs et plus de fusions, que doit-on comprendre ?
La réponse va de soi, plus de corporatisme et plus de tyrannie des systèmes. Voilà où est la démesure!
Louis Lapointe
Brossard
