Débridé mais guère convaincant
Mots clés : Mark Waters, The Spiderwick Chronicles, Culture, Cinéma, États-Unis (pays), Montréal

The Spiderwick Chronicles
Réalisation: Mark Waters. Scénario: Karey Kirkpatrick, David Berenbaum et John Sayles d’après les livres de Tony DiTerlizzi et Holly Black. Avec Freddie Highmore, Sarah Bolger, Mary-Louise Parker, Nick Nolte, David Strathairn, Joan Plowright. Image: Caleb Deschanel. Musique: James Horner. Montage: Michael Kahn.
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Les scénaristes ont puisé aux cinq romans de Holly Black, illustrés par Tony DiTerlizzi, best-sellers chez les dix ans et moins, empruntant leur imagerie à la littérature et à la peinture victoriennes britanniques, truffées de brownies et de fées. Dommage que l’histoire demeure si simpliste!
Elle possède du moins le mérite d’être ancrée dans la modernité, avec une mère fraîchement séparée qui veut refaire sa vie dans cette vieille demeure héritée de sa famille. Tout est tourné à Montréal, souvent en studio, mais nos automnes sont de la partie.
Mary-Louise Parker (la maman) s’est vu offrir un rôle minuscule, guère convaincant. Sarah Bolger, dans la peau de la sœur adolescente, n’a pas davantage l’occasion de briller. Restent les deux jumeaux, Jared et Simon, aux caractères opposés, incarnés l’un comme l’autre par Freddie Highmore. Jared, la mauvaise tête du clan, sera le héros par qui l’action évolue: il trouve un livre magique, se lie avec un gobelin domestique et par son courage et sa ruse, exploitant au besoin des denrées domestiques — miel et jus de tomates comme appâts ou armes —, affrontera une armée de monstres surnaturels. Le jeune acteur se dédouble assez bien, mais sans créer d’étincelles. Nick Nolte apparaît plus amusant en ogre vraiment hideux (pire que les monstres virtuels), mais on le voit si peu...
L’intérêt du film réside dans ses décors angoissants, dont le grenier poussiéreux, et ces créatures surnaturelles bien dessinées, quoique trop nombreuses pour hériter de vraies personnalités. Même le démon démolit la baraque vite fait et se désintègre sans demander son reste. Les scénaristes auraient sans doute mieux fait d’étoffer les Spiderwick Chronicles avec des clins d’œil plus drôles et des péripéties moins prévisibles plutôt que de se coller aux livres. Seule l’esthétique se défend ici (quoique monstres et fées semblent parfois copiés sur ceux du Labyrinthe de Pan de Benicio del Toro). Le problème, c’est ce scénario vraiment plate, appelé à faire décrocher au bout de dix minutes un public de plus de huit ans.

