Un arrière-goût de navet bouilli...
Mots clés : Jumper, Doug Liman, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)
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Jumper
Réalisation: Doug Liman. Scénario: David S. Goyer, Jim Uhls et Simon Kinberg, d'après le roman de Steven Gould. Avec Hayden Chistensen, Jamie Bell, Samuel L. Jackson, Rachel Bilson, Michael Rooker, Diane Lane. Image: Barry Peterson. Musique: John Powell. Montage: Saar Klein, Don Zimmerman, Dean Zimmerman.
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Le film s'adresse aux adolescents et ne s'adresse qu'à eux. Doug Liman, cinéaste de The Bourne Identity, avait déjà fait mieux que cette production fantastico-romantique, à plateau planétaire, sur un scénario rempli de trous. Tout souci de vraisemblance est ici écarté... fût-ce dans le champ même de l'invraisemblable, tant la psychologie des personnages manque à l'appel.
Ces facultés sont l'occasion de voyages éclair sur les pyramides d'Égypte, dans le Colisée romain, en plein désert du Sahara, sur l'horloge du Big Ben, au centre de Tokyo, etc. Un comparse aux dons identiques apparaît sur sa route du monde (Jamie Bell, l'acteur de Billy Elliott, bien meilleur que Christensen), ce qui leur permet de bondir en duo. Cupidon n'est jamais loin, puisqu'un amour d'enfance (Rachel Bilson) se colle à la folle destinée du héros malgré lui, tandis qu'un inspecteur louche, féru de parapsychologie (Samuel L. Jackson, qui décidément courtise trop souvent les films de série B et avait déjà donné avec Snakes on a Plane), pourchasse tout ce beau monde sur la planète rétrécie.
Les duos entre Christensen et Rachel Bilson, pigeons roucoulants sous toutes les latitudes, sont particulièrement idiots et mal joués, la romance appuyée à gros traits. Couvrir tant de lieux de tournage, dont l'intérieur du Colisée romain, si rarement ouvert aux équipes de films, bosser si fort sur les effets spéciaux pour ces dialogues à trois sous, mal rendus en général. Que d'argent gaspillé!
La scène du retour de David au pays, après sa mort apparemment par noyade, se révèle une des plus absurdes. Ses amis semblent à peine surpris de le voir surgir du royaume des morts. Mais tout est à l'avenant. Les effets spéciaux amusent un moment, trop répétitifs pour impressionner. Samuel L. Jackson, aux cheveux mal blanchis, semble une caricature de lui-même. Hayden Christensen possède sa jolie gueule pour lui et son sourire enjôleur; maigres atouts pour camper un héros à l'âme troublée. Bref, cette histoire de téléportation, aux figures mal définies, n'a ni le génie visuel de Matrix ni les personnages haut en couleurs de Batman et laisse un arrière-goût de navet bouilli.
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