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Un peu de réalisme Mr. Larouche
La seule chose à laquelle celà peut mener, c'est pousser les gouvernements à ériger un mur étanche entre médecine publique et médecine privée, d'autant plus qu'il s'agit là du scénario le plus payant pour la profession médicale, une médecine privée complètement déréglementée, et c'est ce qui vous pend au nez au Québec. Le secteur public se chargera des prestations non-rentables, au rabais. Le principe du cartel, chacun ses patients et les escarcelles seront bien garnies.
Et les gouvernants n'oseront jamais mettre leurs culottes devant ce monde là, de toute façon le ministre de la santé est lui même un médecin. Et c'est également pour cette raison que certaines associations de médecins, et la santé publique qu'ils noyautent, jettent de l'huile sur le feu de la croisade anti-privé.
Ce que les gens ne comprennent pas, c'est qu'en érigeant un mur entre secteur privé et secteur public, on donne précisément aux intérêts privés la possibilité de prendre appui sur ce mur pour siphonner vers leur champ de pratique tous les soins rentables - alors que si ce mur n'existait pas, ce serait administrativement, techniquement et financièrement impossible. Il faut viser l'intégration, et non la ségrégation.
Mais j'ai l'impression qu'on va tuer un orignal a coup de marshmallow avant de faire comprendre ça au Québécois moyen. Et pour ceux qui ne peuvent pas payer, et bien il restera la médecine de dispensaire africain qu'on retrouve déjà dans pas mal de cliniques sans rendez-vous de la région montréalaise.
À moins évidemment que les Québécois ne finissent par voir clair dans la manipulation éhontée dont ils sont actuellement l'objet de la part de la santé publique, avec la bénédiction de syndicats qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs cotisations annuelles - parce que dans le scénario 'ségrégué' qui se profile, tôt ou tard leurs membres déserteront en masse vers le privé, et la fontaine sera tarie.
