Airbus: Mulroney devait obtenir 25 % des commissions, selon un ancien comptable de Schreiber

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

La Presse canadienne
Édition du vendredi 15 février 2008

Mots clés : Schreiber, Airbus, Mulroney, Justice, Canada (Pays)

Giorgio Pelossi, l'ancien comptable de Karlheinz Schreiber, a témoigné par vidéoconférence depuis la Suisse.

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Un ex-comptable de Karlheinz Schreiber a affirmé hier que l'homme d'affaires germano-canadien lui avait confié que le quart de la commission qu'il devait recevoir pour la vente des avions Airbus à Air Canada irait dans les poches de l'ancien premier ministre Brian Mulroney.

Témoignant devant le comité parlementaire de l'éthique, Giorgio Pelossi a maintenu cette version des faits, qu'il avait déjà partagée avec des enquêteurs. S'exprimant par vidéoconférence à partir de la Suisse, M. Pelossi a soutenu que cette affirmation est véridique.

En 1986, M. Pelossi avait rendez-vous avec Frank Moores, un lobbyiste de la firme GCI, dans une banque de Zurich, pour ouvrir deux comptes bancaires. M. Schreiber était présent lors de la rencontre et aurait fait cette confidence à ce moment-là.

«Il [M. Schreiber] m'a toujours dit que c'était 25 % pour M. Moores et 25 % pour M. Mulroney», a déclaré M. Pelossi, ajoutant qu'il n'a jamais lui-même transféré l'argent de la commission dans les comptes et qu'il sait désormais que les millions n'ont jamais été versés.

Témoignage d'une journaliste

En après-midi, la journaliste Stevie Cameron, qui a enquêté pendant des années et est l'auteure d'articles et de livres sur l'affaire Mulroney-Airbus, a corroboré cette dernière déclaration de M. Pelossi lors de son témoignage. À son avis, aucun politicien n'a reçu d'argent découlant des commissions d'Airbus lorsqu'il était en poste.

D'entrée de jeu, Mme Cameron a averti les députés qu'elle ne pourrait pas apporter d'éléments nouveaux à cette affaire, que tout ce qu'elle sait se trouve dans ses livres. Elle a cependant soutenu qu'elle est convaincue que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n'est pas allée au fond des choses.

Le comité de l'éthique se penche sur les relations entre MM. Mulroney et Schreiber ainsi que sur les transactions financières en argent comptant entre les deux hommes.

En 1997, le gouvernement du Canada avait accepté de verser 2,1 millions à M. Mulroney pour mettre un terme à la poursuite en diffamation lancée par l'ancien premier ministre à la suite de la divulgation de l'existence d'une enquête de la GRC sur les allégations de pots-de-vin liés à la vente des avions Airbus.

Au moment du règlement à l'amiable, M. Mulroney niait être en relation d'affaires avec M. Schreiber. En décembre dernier, il a cependant reconnu devant le comité avoir reçu 225 000 $ en argent comptant de l'homme d'affaires, lors de rencontres secrètes dans des chambres d'hôtel, pour du travail futur de promotion des véhicules de la société Thyssen sur la scène internationale.

M. Pelossi a raconté au comité que la GRC l'avait interrogé pendant six heures en 1996 sur tous les détails entourant Airbus. Les faits étaient plus frais à sa mémoire à ce moment-là, et il avait aussi tous les documents devant lui.

Malgré ce témoignage de M. Pelossi, la GRC n'a interrogé M. Schreiber qu'en 1997, après le règlement à l'amiable.

Le député néo-démocrate Thomas Mulcair, déjà peu impressionné par le travail de la GRC dans ce dossier, n'en revenait tout simplement pas hier.

«Le mystère total plane sur le travail de la GRC. Comment est-ce possible, avec ce qu'ils avaient de Pelossi, qu'ils aient laissé le règlement avoir lieu avec Mulroney [...] alors qu'ils n'avaient toujours pas rencontré Schreiber? C'est impensable!», a lâché M. Mulcair.

Le président du comité, Paul Szabo, a dit avoir demandé une copie de la déposition vidéo de M. Pelossi à la GRC. La demande a été rejetée par la GRC, qui avance que l'enquête policière pourrait être rouverte, a expliqué M. Szabo.

M. Pelossi a été le comptable de Karlheinz Schreiber de 1969 à 1991. Leur relation a tourné au vinaigre après une dispute financière.

Le comptable ne porte pas M. Schreiber dans son coeur. Il ment tout le temps, a-t-il lancé à propos des déclarations récentes de son ancien associé.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com