Opinion
Lettres: Des milliards pour le transport individuel
Mots clés : transport individuel, Transport en commun, Transport, Québec (province)
D'un point de vue rationnel et civilisé, le transport des personnes ne devrait pas être très différent de celui des marchandises. Trouverait-on normal que des centaines de milliers de camions de 10 tonnes transportent chacun 25 litres de lait et encombrent chaque jour les routes, les villes et les commerces pour leurs livraisons? Ce qui est certain, c'est que personne n'accepterait de payer le prix qui en résulterait pour un litre de lait. Mais alors, pourquoi accepter cette logique dans le transport des personnes? Surtout, comment en arrive-t-on à accepter de payer en moyenne 7000 $ par année pour déplacer une personne dans une tonne de métal entre sa maison et son lieu de travail?
D'un point de vue économique, un chef intelligent sortirait le plus rapidement possible le Québec de cette dépendance à l'automobile qui nous saigne à blanc. Aux dernières nouvelles, on ne produit ici ni pétrole ni voitures. Mais pour l'instant, on maintient le cap et on nous annonce, sans rire, rien de moins qu'une «Baie-James du bitume» d'une valeur de plus de 12 milliards de dollars, avec les autoroutes 13, 25 et 50, la route 175, des échangeurs, des viaducs et des ponts tout neufs. Et pour bien nous enfoncer dans le siècle précédent, on confirme la construction de l'autoroute Notre-Dame à huit voies. Avec ces projets, «on améliore la fluidité» du flot des automobiles vers le centre-ville de Montréal. «Un gain important au niveau [sic] du développement durable», selon Julie Boulet, ministre des Voitures. Devant autant de dévouement, on ne peut rien ajouter.

