Opinion

Lettres: Des milliards pour le transport individuel

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

François Gosselin, Montréal, le 12 février 2008

Édition du vendredi 15 février 2008

Mots clés : transport individuel, Transport en commun, Transport, Québec (province)

D'un point de vue rationnel et civilisé, le transport des personnes ne devrait pas être très différent de celui des marchandises. Trouverait-on normal que des centaines de milliers de camions de 10 tonnes transportent chacun 25 litres de lait et encombrent chaque jour les routes, les villes et les commerces pour leurs livraisons? Ce qui est certain, c'est que personne n'accepterait de payer le prix qui en résulterait pour un litre de lait. Mais alors, pourquoi accepter cette logique dans le transport des personnes? Surtout, comment en arrive-t-on à accepter de payer en moyenne 7000 $ par année pour déplacer une personne dans une tonne de métal entre sa maison et son lieu de travail?

Favoriser le transport individuel est le pire choix économique que puisse faire une société, à moins qu'elle soit irrationnelle et obsédée par les apparences, le confort et l'individualisme. À l'heure actuelle, le transport automobile au Québec coûte plus cher que le système de santé! Et la santé de la population est également mise à contribution dans l'épanouissement infini du transport individuel. Les responsables de la Direction de la santé publique de Montréal se sont prononcés assez clairement: la pollution et l'intense circulation des automobiles nuisent sérieusement à la santé et à la qualité de vie des citadins. Nous éviterons ici de parler des morts et des blessés graves.

D'un point de vue économique, un chef intelligent sortirait le plus rapidement possible le Québec de cette dépendance à l'automobile qui nous saigne à blanc. Aux dernières nouvelles, on ne produit ici ni pétrole ni voitures. Mais pour l'instant, on maintient le cap et on nous annonce, sans rire, rien de moins qu'une «Baie-James du bitume» d'une valeur de plus de 12 milliards de dollars, avec les autoroutes 13, 25 et 50, la route 175, des échangeurs, des viaducs et des ponts tout neufs. Et pour bien nous enfoncer dans le siècle précédent, on confirme la construction de l'autoroute Notre-Dame à huit voies. Avec ces projets, «on améliore la fluidité» du flot des automobiles vers le centre-ville de Montréal. «Un gain important au niveau [sic] du développement durable», selon Julie Boulet, ministre des Voitures. Devant autant de dévouement, on ne peut rien ajouter.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com