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Un artiste, grand et triste.

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Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le jeudi 14 février 2008 06:00



Henri n'est pas un comique et c'est sa femme qui l'a mis dans ce rôle. Son rire prouve son armure face à la vie. C'est une faiblesse chez lui. Faiblesse qui lui a joué des tours. Il en a bavé. Comme pour Sacha Distel avec sa capacité à être un vrai musicien de jazz alors que tout le monde le connaissait comme un chanteur sympa avec sa Pétula Clarck. Si vous écoutez bien ses chansons magnifiques, c'est d'une tendresse, d'une mélancolie et d'une tristesse énorme. Ce n'est pas Zorro est arrivé ou le travail c'est la santé. Vous ne décrivez pas comme IL le MÉRITE, la vraie qualité de ce géant d'artiste.
Et puis, la preuve, c'est après la mort de sa femme qu'il a commencé à montrer son vrai visage comme je l'avais vu aussi avec Distel et Caetano Veloso ensemble un jour en France. Magique. Il faut rendre justice à Benjamin Boilay et Keren Ann de l'avoir sorti de ce dont vous parlez, du rire. C'est un musicien hors pair et subtil. On a voulu reprendre la formule chimique pour ses deux derniers disques mais le plus flamboyant, c'est « Chambre avec vue ». Vous devriez jouer les pièces de ce disque comme je les joue avec un instrument de musique, la guitare, pour vous apercevoir que la mélancolie était la juste âme de cet artiste. Comme au Brésil, il a la Saudade. Vous ne lui rendez pas justice puisque vous exprimez tous les préjugés qui le mirent dans l'ombre tout le long de sa carrière. Muito sadaude, Henri. Saravah.

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