12 % d'OGM de plus sur la planète
Mots clés : Agriculture, Organisme génétiquement modifié, États-Unis (pays), Canada (Pays)
Les agriculteurs canadiens viennent au quatrième rang mondial avec sept millions d'hectares
Les saisons des récoltes se suivent et les organismes génétiquement modifiés (OGM) se portent de mieux en mieux.Les chiffres sont sans équivoque. Avec 114,3 millions d'hectares, la superficie des cultures biotechnologiques a crû de 12 % l'an dernier partout sur la planète. Et ce, malgré les mouvements d'opposition qui continuent de s'exprimer dans les pays développés. La plupart de ces organismes ont été cultivés aux États-Unis, en Argentine, au Brésil et au Canada qui, ensemble, se partagent 86 % de ce marché prolifique, révèle le rapport de cette association dont le budget de fonctionnement est alimenté à 40 % par l'industrie du transgène. Ses analyses sont toutefois des documents de référence, tant pour les groupes en faveur des OGM que pour ceux qui s'y opposent vertement.
Selon l'ISAAA, les OGM ont toujours le vent dans les voiles. Et ce n'est pas fini. «Les cultures biotechnologiques vont jouer un rôle encore plus important au cours des prochaines années», a indiqué hier Clive James, président de cet organisme, lors d'une conférence de presse téléphonique, «et tout particulièrement dans les pays en développement qui ont le plus besoin de cette technologie. En 12 ans, ces cultures ont démontré leurs bienfaits sur le plan économique, environnemental et social. Pour ces raisons, d'autres croissances sont à prévoir».
Douze millions de cultivateurs
Au total, 23 pays sont aujourd'hui engagés dans ce processus de multiplication des OGM, contre 22 en 2006, indique le rapport, qui souligne au passage que 12 millions d'agriculteurs ont désormais succombé aux transgènes, soit deux millions de plus que l'année précédente.
«Ce n'est pas étonnant», a commenté hier Benoît Legault, directeur général de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, qui représente les producteurs d'OGM d'ici. «Il y a effectivement un engouement pour ce type de semences dans le monde agricole, non seulement ici mais aussi et surtout dans les pays en développement» où, en raison d'un climat souvent chaud et humide, les transgènes font sensation. Développés pour résister à des ravageurs ou faciliter la lutte contre eux, les OGM limiteraient les pertes et accroîtraient du même coup les rendements, selon l'ISAAA.
Ceci expliquant cela, c'est en Inde (+63 %) que ces semences ont connu la plus forte croissance en 2007, indique l'organisme international. La Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud font également partie des pays où les OGM semblent vouloir prendre de plus en plus de place.
Comme par le passé, le soya, le canola et le maïs sont toujours les catégories d'OGM les plus cultivées à travers le monde. Ce sont aussi les seuls transgènes utilisés à des fins commerciales au Canada et au Québec.
«Nous constatons d'ailleurs une certaine stabilisation des cultures biotechnologiques [au Québec], résume M. Legault. D'ailleurs, la croissance n'est peut-être pas à prévoir en 2008 puisque les primes accordées aux agriculteurs pour des cultures sans OGM [destinées aux marchés d'exportation] devraient être assez élevées.» Notons qu'en 2005, 41 % du soya, 44 % du maïs et 95 % du canola cultivés au Québec étaient issus du génie génétique.
De nouvelles espèces
Au-delà de ce trio de tête, d'autres espèces végétales génétiquement modifiées semblent trouver leur place dans ce marché en pleine croissance, révèle le rapport annuel de l'ISAAA. C'est par exemple le cas du coton, de la courge, de la papaye et de la luzerne génétiquement modifiés, qui poussent désormais aux États-Unis. La Colombie expérimente également des catégories d'oeillets génétiquement modifiés alors que la Chine se lance quant à elle dans des cultures de peupliers, de pétunias, de tomates et de poivrons doux dont la structure génétique a été modifiée, peut-on lire. «Et je suis convaincu que les variétés de plantes biotechnologiques vont continuer à se développer», a indiqué M. James, disant estimer qu'en 2008, l'Inde pourrait approuver une autre venue dans le bal des OGM: l'aubergine génétiquement modifiée.
«Tout ça est assez désespérant», a commenté hier Isabelle Côté, de l'organisme environnementaliste Les Amis de la Terre, «surtout quand on voit que de plus en plus d'études questionnent l'impact négatif de ces plantes sur la biodiversité et sur la souveraineté alimentaire. Ce qui est aussi navrant, c'est de voir que malgré le travail des mouvements d'opposition, les OGM continuent de progresser parce que les forces économiques en présence sont puissantes et que la volonté politique n'est pas là pour les arrêter.»
Selon l'ISAAA, les cultures d'OGM à travers le monde ont généré des revenus de 6,9 milliards de dollars en 2007, soit 800 millions de plus que l'année précédente. En 2008, cette industrie espère d'ailleurs faire entrer 7,5 milliards dans ses coffres. Et les perspectives de croissance sont toujours très prometteuses puisque les transgènes ne représentent qu'un cinquième du marché des semences. Pour le moment.
Vos réactions
Avoir le choix - par coté carol
Le jeudi 14 février 2008 19:00
Dans les pays en développement, les gens sont sous influence - par Dominic Pageau
Le jeudi 14 février 2008 14:00
Dangereux! Manger ces aliments c'est jouer à la roulette russe avec notre santé... - par lise jacques
Le jeudi 14 février 2008 09:00

