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Attention à ne pas confondre le mal fait à l'audition et celui possiblement fait aux enfants eux-mêmes!

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Émilie Pelletier
Envoyé Le mardi 12 février 2008 17:00



Je suis moi-même entendante, je ne prétends donc pas parler au nom d'aucune personne sourde, mais il me semble crucial de faire le commentaire suivant. En 1880, le congrès international de Milan rejetait l'enseignement des langues des signes aux enfants, disant que l'enseignement oral était supérieur à celui-ci. Pendant environ cent ans, les enfants sourds étaient restreints à apprendre à parler et à lire sur les lèvres (donc à utiliser les moyens de communication des entendants, qui peuvent être très difficiles à apprendre pour quelqu'un qui n'a jamais entendu). Ils pouvaient ainsi perdre plusieurs années d'éducation simplement pour apprendre à parler : voir, dans les archives de Radio-Canada, le reportage « La dure école des sourds » datant de 1995. Et, bien que certains connaissaient des langues signées, les élèves étaient fortement punis s'ils les utilisaient. On considérait que les langues des signes étaient de vulgaires gestes, incapables de traduire des idées précises et abstraites. Ce n'est qu'à partir des années 1970-1980 que les langues signées ont repris une place importante dans la communauté sourde. Cette communauté possède aujourd'hui non seulement des langues qui sont pleinement adaptées à leur façon de fonctionner (plusieurs linguistes s'y intéressent d'ailleurs fortement), mais également une culture qu'il ne faut pas ignorer. Il me semble TRÈS important de s'assurer que l'on ne fasse pas un retour en arrière sous prétexte de bénéficier aux enfants sourds en décidant pour eux.

Ainsi, des phrases comme « les audiologistes seraient-ils en train de nuire à ces enfants [en offrant des programmes de réadaptation en langage des signes] » me semblent dangereuses. Cette recherche peut peut-être investiguer si ces programmes nuisent À L'AUDITION des enfants, ce que je trouve effectivement intéressant. Mais pour ce qui est de savoir si cela nuit aux enfants eux-mêmes, il s'agit-là d'une question beaucoup plus sociale que médicale.

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