Contrat accordé au consortium Génieau - Compteurs d'eau: le ministère des Affaires municipales conclut à l'absence de conflit d'intérêts
Mots clés : contrat, Compteurs d'eau, consortium Génieau, Municipalité, Québec (province), Montréal
Le ministère des Affaires municipales a approuvé la semaine dernière le contrat de 355 millions pour des compteurs d'eau accordé à Génieau par la Ville de Montréal, n'ayant «aucun élément concret et factuel» entre les mains lui permettant d'affirmer que le consortium privé a bénéficié d'un traitement de faveur.
L'automne dernier, Montréal octroyait le plus important contrat de son histoire pour un projet de mesure de la consommation d'eau des industries, commerces et institutions. Ce contrat de 355 millions a été orchestré par la firme BPR, à la demande de Montréal.
C'est le haut fonctionnaire responsable du dossier, Yves Provost, qui a travaillé en collaboration avec BPR depuis 2005 pour mettre sur pied ce vaste projet de compteurs d'eau qui constitue le troisième volet de la grande réforme de la gestion de l'eau entreprise par l'administration municipale. M. Provost a également participé au comité de sélection qui a choisi Génieau.
Or, comme le révélait Le Devoir en décembre, BPR est un partenaire d'affaires de Dessau, l'une des deux firmes formant le consortium Génieau (avec l'entrepreneur Simard-Beaudry). Dessau et BPR travaillent main dans la main dans au moins trois autres dossiers, dont l'un conclu l'automne dernier alors que BPR discutait avec les soumissionnaires, y compris Génieau, pour le contrat des compteurs d'eau.
BPR a recruté Yves Provost qui a pris sa retraite de la Ville en décembre dernier. Il doit se joindre à l'équipe de BPR le mois prochain.
La chef de l'opposition officielle, qui avait porté plainte auprès de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, n'a pas caché hier sa déception de la réponse de Québec. «Les doutes ne sont pas dissipés», a lancé Noushig Eloyan. «Ce qui m'inquiète, c'est que notre service du contentieux a été écarté. On a contourné l'expertise indépendante de nos avocats et décidé de recourir aux services d'un cabinet choisi par BPR», a-t-elle ajouté.
Au cabinet de la ministre Normandeau, on rappelait hier que tout a été fait selon les règles de l'art et que la formation de consortiums est une pratique courante dans ce type de contrat. Pour ce qui est du départ du fonctionnaire pour BPR après avoir supervisé les travaux auxquels participait BPR, le cabinet ministériel estime qu'il s'agit d'une stricte question de relations de travail.
Par ailleurs, on invite Montréal à la prudence. «Pour maximiser la transparence, pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts, on suggère d'instaurer des mécanismes pour informer automatiquement les décideurs des liens d'affaires entre différentes firmes», a expliqué hier Jonathan Trudeau, attaché de presse de Nathalie Normandeau.
Noushig Eloyan y a vu l'illustration d'un malaise provoqué par la façon de faire de l'administration du maire Gérald Tremblay. «La Ville a l'obligation de se montrer plus transparente», a-t-elle fait valoir.

