Yahoo! rejette l'offre d'achat de Microsoft
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Photo: Agence Reuters
L'offre de Microsoft serait la plus grosse opération de fusion-acquisition jamais réalisée dans le secteur. Et avec un prix de 31 $US par action, le leader mondial du logiciel offre une prime de 62 % par rapport au cours de Bourse de Yahoo! la veille de l'annonce de Microsoft, le 1er février.
Le projet aurait marqué l'union historique entre l'icône mondiale de l'informatique et un pilier du Web, né en 1994 et resté longtemps le site Internet plus populaire du monde, avant d'être dépassé par Google.
Les suites possibles
Les analystes étudiaient les suites possibles: une offre réévaluée côté Microsoft ou une alliance défensive nouée in extremis entre Yahoo! avec un tiers. Élément penchant en faveur de rebondissements sur ce dossier: le côté évasif de la déclaration de Yahoo!. Le groupe a indiqué «examiner continuellement toutes les options stratégiques dans un contexte de changement rapide de l'environnement de notre industrie».
«Si Yahoo! devait accepter une offre de rachat de la part de Microsoft, cela semble assez improbable que le groupe accepte une offre initiale», relève Jordan Rohan, de RBC Capital, qui parie sur la volonté de Yahoo! de faire monter les prix. Yahoo! refuserait de considérer toute offre inférieure à 40 $US par action, d'après la presse.
Au sujet d'une éventuelle offre améliorée chez Microsoft, rien n'était clair hier quant à la position de ce dernier. Jusqu'ici, la direction de Microsoft s'est bornée à déclarer que son offre est «généreuse», et a exprimé sa volonté de boucler rapidement un accord avec Yahoo! pour former une entité qui rivaliserait avec le leader mondial d'Internet, Google.
Encore hier, Microsoft a réitéré en soirée son offre de rachat du site Internet Yahoo!, proposant les mêmes conditions financières qu'initialement annoncé. «Il est dommage que Yahoo! n'ait pas saisi notre offre, juste et complète, de fusionner les deux compagnies», a écrit Microsoft dans un communiqué.
«Au vu des conversations que nous avons eues avec les diverses parties prenantes dans les deux groupes, nous sommes confiants dans le fait qu'aller de l'avant pour réaliser rapidement la transaction est dans le meilleur intérêt des deux parties», a ajouté le leader mondial des logiciels. «La réponse de Yahoo! ne change en rien notre conviction des mérites stratégiques et financiers de l'offre. Comme nous l'avons déjà dit, Microsoft se réserve le droit de mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les actionnaires de Yahoo! pourront jauger la valeur de notre offre», a conclu le groupe.
Mais pour Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com, «personne n'imagine que Microsoft tourne les talons à ce stade», et «l'attente d'une offre améliorée est la raison pour laquelle l'action Yahoo! grimpe aujourd'hui».
Quant au scénario d'un «chevalier blanc» venant bâtir une alliance défensive avec Yahoo!, le suspens reste entier. Selon le quotidien britannique Times, Yahoo! chercherait à reprendre les discussions avec le portail internet AOL (groupe Time Warner) en vue d'une possible fusion. Les deux groupes avaient dans le passé envisagé un rapprochement, mais les discussions, qui s'étaient tenues dans un tout autre contexte, avaient capoté.
Le nom d'AOL vient s'ajouter à d'autres candidats potentiels, après celui du groupe de médias Disney et surtout celui de Google, pour un partenariat. Google s'est déjà insurgé contre l'offre de Microsoft, accusant ce dernier de vouloir étendre sa domination de l'informatique à internet.

