L'hiver est hockey

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Jean Dion
Édition du lundi 11 février 2008

Mots clés : Richard Saint-Cyr, Festival international de hockey, Hockey, Sport, Québec (province)

Élyan Jacques, de l'équipe de Vaudreuil, poursuivi par deux joueurs de l'équipe de Valleyfield lors d'un match du volet «étang» du Festival international de hockey qui s'est déroulé en fin de semaine dans la baie de Vaudreuil.

Photo: Jacques Nadeau

Le fond de l'air est désespérément gris sur le lac Saint-Louis en ce samedi après-midi, une petite neige tombe, et il faut vraiment se concentrer pour arriver à distinguer le sol du ciel. Mais la torpeur typique de février ne suffit pas à réfréner l'ardeur des vrais. Les patins crissent sur la glace -- un peu raboteuse certes, mais comme on dit, elle l'est pour les deux équipes --, les bâtons s'entrechoquent, la balle orange bondit çà et là, on joue à quatre contre quatre sans gardiens ni arbitres dans la pure tradition du hockey sans prétention de notre enfance. Les buts sont petits, pas question de lancer de loin, il faut aller la porter.

Huit patinoires ont été aménagées la semaine dernière dans la baie de Vaudreuil pour le volet «sur étang» du Festival international de hockey. Une «première mondiale» que cet événement, dit son organisateur, Richard Saint-Cyr, dont l'idée un peu folle, surgie au printemps dernier, a valu à lui et à son collègue Ken Bedford, responsables des loisirs à l'école Cité-des-Jeunes de Vaudreuil-Dorion, des centaines d'heures de travail en cadeau. Dix équipes ont répondu à l'appel, environ 400 participants. Le tout s'est déroulé au cours du week-end juste à l'ouest de l'île de Montréal.

Première mondiale? L'originalité du projet réside dans sa diversité. Car il n'y avait pas que du hockey sur étang au programme. Les compétiteurs devaient aussi se mesurer au vrai hockey sur glace, dans un vrai aréna, avec du vrai équipement. Au hockey bottine, aussi. Et au hockey balle. Et au hockey cosom. Et au hockey sur gazon. Et au hockey sous-marin. Et au hockey sur table. Et au hockey électronique, sur PlayStation. Même l'intellect était mis à contribution avec un questionnaire sur les connaissances en hockey! Dix épreuves en tout, depuis le plein air jusqu'au fond de la piscine.

«En fait, il s'agit d'une course à obstacles. Il faut user de stratégie», dit Richard Saint-Cyr. Les dirigeants de chacune des équipes devaient recruter, dans la mesure du possible, des spécialistes de chacune des disciplines. Ils devaient aussi, au fil des épreuves, s'assurer que non seulement leurs meilleurs éléments dans chaque sport mais aussi des forces fraîches soient envoyées dans la mêlée. Et quand on dit «dans la mesure du possible», c'est que les choses ne sont pas toujours évidentes. Le hockey sur gazon, par exemple, reste peu pratiqué chez nous. Plusieurs des participants au festival prenaient une crosse dans leurs mains pour la première fois de leur vie...

Du gazon en février...? Aucun problème. Le Centre sportif de Saint-Lazare, près de Vaudreuil, est doté d'un gymnase dont le plancher est recouvert de Field Turf, un mélange d'«herbe» synthétique et de caoutchouc. On divise la surface en deux, on rapetisse les filets par rapport au jeu traditionnel extérieur, on ramène les effectifs à six joueurs de chaque côté, et le tour est joué.

L'école Cité-des-Jeunes a mis sur pied un programme unique d'activités physiques parascolaires, «Actif à vie», qui incite les étudiants à bouger et qui, raconte Richard Saint-Cyr, remporte un succès appréciable. L'organisation du tournoi, ajoute-t-il, s'inscrit dans la même lignée. «On veut envoyer les gens jouer, dehors ou en dedans. Il y a un aspect compétitif au festival, mais l'important est le côté amical. Tout le monde gagne simplement à participer. Et ça nous permet de célébrer le hockey, ce sport qui soulève tant de passions chez nous, sous toutes ses formes. Il y a de tout pour tous.» De fait, coïncidence, le tournoi survenait au moment même où, de son côté, la CBC célébrait son «Hockey Day in Canada» annuel.

Pour son humble part, le reporter d'enquête sur le terrain en est arrivé à la conclusion qu'il aurait sans doute livré ses performances les plus mémorables dans les disciplines à haute teneur en dureté du mental, nommément le questionnaire de connaissances générales et le hockey sur table.

Pour cette première présentation, le festival a regroupé des participants en provenance du Grand Montréal et de l'Ontario. Mais Richard Saint-Cyr veut ratisser plus large l'an prochain. «C'est la première fois qu'on fait ça, et on a vu ce que ça représente comme boulot», disait-il samedi. Par-delà quelques pépins logistiques, l'événement gagnera à être mieux connu. «Déjà, plusieurs personnes nous ont appelés en vue de 2009. On a de grands espoirs.» Si ces espoirs se concrétisent, c'est le plaisir de jouer qui y trouvera son compte. La vie est hockey...


Vos réactions


Manquait juste.... - par Thierry Larrivée
Le lundi 11 février 2008 10:00

Ajustement a apporter - par patrick fortin (patrickf@plus2sanitation.com)
Le lundi 11 février 2008 06:00

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