Dion durcit le ton sur la mission afghane

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Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du lundi 11 février 2008

Mots clés : mission, Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, Élection, Gouvernement, Afghanistan (Pays), Canada (Pays)

Le secrétaire américain à la Défense fait la leçon aux Européens

Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a durci le ton hier à propos de la manière dont la mission canadienne en Afghanistan devra se sceller. Si jamais le premier ministre Stephen Harper persiste à vouloir imposer sa vision, le PLC est maintenant fin prêt à passer à l'offensive. «Si M. Harper veut des élections, s'il veut tomber à tout prix, il les aura [ses élections]», a dit M. Dion, tout en précisant que son caucus était uni «derrière lui» sur ce point crucial.

Au sortir d'une réunion avec des candidats libéraux, à Vancouver, Stéphane Dion a précisé qu'il continuait à ne pas souhaiter d'élections sur la question de l'Afghanistan. «Notre priorité n'est pas de précipiter des élections, mais de faire fonctionner le Parlement», a-t-il dit. Il a toutefois aussitôt ajouté que son parti était maintenant prêt à faire campagne si le gouvernement Harper persistait à vouloir plonger le pays dans une crise politique avec sa motion sur l'avenir de la mission canadienne en Afghanistan.

Stéphane Dion rencontrera d'ailleurs aujourd'hui même son caucus afin de discuter de la stratégie à adopter devant la décision de Stephen Harper de faire du maintien des troupes en Afghanistan une question de confiance. Il sera tout aussi inflexible quand il s'agira de juger de la teneur du prochain budget conservateur. «Si ce budget est mauvais pour le pays, nous ne l'appuierons pas», a-t-il dit en entrevue à CTV, en ajoutant qu'il lui faudra toutefois attendre de voir de quoi il retourne avant de trancher.

Désireux de montrer un front uni, le porte-parole libéral pour les questions de Défense, Denis Coderre, a lui aussi dit qu'il fallait «mettre fin à la mission de combat» et qu'un autre pays de l'OTAN devait s'occuper de la «contre-insurrection». Le Canada est allé au-devant des coups, «il a donné [...] il est temps de faire la rotation», a dit M. Coderre en entrevue à RDI, tout en précisant que son parti était prêt à maintenir une présence militaire canadienne pour «le développement, l'entraînement et l'auto-défense».

Une OTAN à deux vitesses

Pendant ce temps, à Munich, le secrétaire américain à la Défense a repris l'essence du message du premier ministre canadien Stephen Harper devant les membres européens de l'OTAN. Tout de go, Robert Gates a posé la question fatidique. L'effort global fourni par les forces de l'OTAN est-il inférieur à la somme de ses parties? Chose certaine, les Européens doivent songer à prendre «toute leur part» dans la guerre en Afghanistan, a dit le secrétaire américain.

Devant la conférence annuelle sur la sécurité, Robert Gates n'a pas mâché ses mots. Si l'OTAN devait essuyer un échec en Afghanistan, a-t-il dit, le coup serait très dur pour l'alliance atlantique. Il en va de la crédibilité et de la survie même de l'OTAN qui ne peut se «payer le luxe» d'un système à deux vitesses avec «d'un côté, ceux qui sont prêts à se battre et, [de l'autre], ceux qui ne le sont pas», a-t-il lancé.

Robert Gates s'est aussi interrogé tout haut sur ce qu'il adviendrait si l'islamisme armé l'emportait en Irak ou en Afghanistan, «ou s'il parvenait à renverser le gouvernement du Pakistan, ou d'un grand pays du Moyen-Orient». À son sens, il est clair qu'un échec de l'OTAN en Afghanistan pourrait conduire tout droit à une exacerbation du terrorisme mondial.

«Avec des refuges au Moyen-Orient, et de nouvelles tactiques forgées sur le champ de bataille et transmises par Internet, la violence et le terrorisme seraient relancés dans le monde entier», a-t-il prédit. Évoquant une douzaine d'attentats ou projets d'attentats contre des cibles en Europe, M. Gates a demandé à son auditoire européen «d'imaginer que les terroristes islamiques aient réussi à frapper vos capitales avec la même ampleur qu'ils ont frappé New York».

Le successeur de Donald Rumsfeld a ajouté que le 11 septembre 2001 avait été une leçon d'autant plus difficile pour les États-Unis qu'ils s'étaient largement impliqués contre l'occupation soviétique en Afghanistan durant les années 1980. Leur abandon ultérieur de l'Afghanistan, qui a permis à al-Qaïda de s'y épanouir, a été «une erreur funeste, dont je suis au moins en partie responsable», a dit Gates, qui occupait à l'époque un poste de haute responsabilité à la CIA.

Négociations logistiques

Avec ce discours, le secrétaire américain à la Défense s'est fait l'écho du premier ministre Harper qui n'a pas caché son désir de voir les pays alliés jouer un rôle plus important dans la guerre en Afghanistan. Dans la motion déposée vendredi par son gouvernement, il est d'ailleurs bien précisé que l'engagement du Canada entre 2009 et 2011 est conditionnel à l'appui de 1000 soldats en provenance d'un pays allié et à l'obtention d'hélicoptères de transport et de drones.

Jusqu'à présent, aucun pays ne s'est montré sensible aux demandes canadiennes, à l'exception de la France. Mais des responsables français ont d'ores et déjà indiqué qu'ils ne seraient pas capables de fournir la totalité des 1000 soldats demandés, et que leur décision définitive ne serait pas prise d'ici avril, comme l'aurait souhaité le Canada.

Des pourparlers sont présentement en cours et les discussions vont quand même bon train, a commenté hier le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay. «Nous avons eu des discussions supplémentaires [avec les Français] sur ce que je qualifierais de questions logistiques. Ils veulent avoir des précisions sur des questions comme l'équipement ou l'espace disponible sur la base», a-t-il dit dans une entrevue à la chaîne publique CBC. «Je dirais que ces discussions ont progressé et que nous connaîtrons [leur résultat] assez rapidement», a ajouté le ministre, sans plus de précisions.

M. MacKay a aussi commenté la position du parti libéral favorable à un maintien du contingent canadien après février 2009 pour entraîner l'armée afghane, mais à condition qu'il ne s'agisse plus d'une mission de combat.

«La position [du chef libéral Stéphane] Dion n'est pas réaliste», a dit M. MacKay. À son sens, suggérer que l'on peut faire du développement et entraîner l'armée afghane tout en évitant les combats «est de la pure folie».

Rappelons qu'un vote de confiance doit avoir lieu fin mars au Parlement canadien sur la proposition du gouvernement de prolonger jusqu'à la fin 2011 la mission canadienne en Afghanistan, dont l'échéance est prévue en février 2009.

Samedi, le collectif Échec à la guerre s'est fait encore plus insistant en réclamant la fin pure et simple de la mission du Canada en Afghanistan. C'était d'ailleurs le message que transmettait la présidente d'honneur de l'événement, l'écrivaine Antonine Maillet, en rappelant que cette guerre n'affectait pas que des soldats, mais aussi le peuple afghan. «Si vraiment on ne fait pas avancer la cause des gens qu'on veut aider, bien arrêtons de les aider», a-t-elle déclaré.

Le collectif reproche au comité du libéral John Manley, dont le récent rapport suggérait de prolonger la mission en Afghanistan au-delà de février 2009 à condition d'obtenir des renforts de l'OTAN, de ne pas avoir tenu des consultations publiques sur la question.

Avec La Presse canadienne, l'Agence France-Presse et Reuters


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@ Gerry Pagé - par Gilles Bousquet
Le mardi 12 février 2008 07:00

75% contre la guerre : pour un retrait immédiat! - par Michel Lauzon
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Questions primordiales - par Gilles Bousquet
Le lundi 11 février 2008 10:00

On n'st pas sorti du bois! - par Gerry Pagé
Le lundi 11 février 2008 10:00

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Le lundi 11 février 2008 10:00

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Le lundi 11 février 2008 08:00

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Le lundi 11 février 2008 08:00

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