40 morts dans des attentats au nord de l'Irak

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AFP
Édition du lundi 11 février 2008

Mots clés : Robert Gates, al-Qaïda, Violence, États-Unis (pays), Irak (pays)

Le secrétaire américain à la Défense est en visite surprise à Bagdad

Bagdad -- Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, est arrivé hier à Bagdad, alors que la violence dans le nord de l'Irak, théâtre d'affrontements avec les affiliés d'al-Qaïda, a fait au moins 40 morts.

M. Gates, en visite surprise dans la capitale irakienne, a indiqué qu'il allait s'entretenir avec des dirigeants irakiens pour les «féliciter pour les progrès réalisés», après le vote par le Parlement d'une loi sur le sort des anciens membres du parti Baas.

Dans le même temps, 23 personnes ont été tuées et 25 blessées dans un attentat suicide à la voiture piégée contre un marché d'une localité proche de Balad, 75 km au nord de Bagdad.

Auparavant, des affrontements entre des combattants présumés d'al-Qaïda et des membres d'un «Réveil», groupe mobilisé par le commandement américain pour lutter contre l'organisation islamiste, ont fait 15 morts dans le nord de l'Irak.

Et deux policiers ont été tués, et dix autres blessés, ainsi que sept civils, par des tirs de mortiers contre un poste de police dans la localité de Balad Rooz, à 80 km au nord-est de Bagdad.

M. Gates doit s'entretenir à Bagdad avec le chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, qui doit émettre en avril une recommandation quant à une éventuelle poursuite du retrait de troupes après juillet.

«Je souhaite bien sûr entendre l'évaluation du général Petraeus, savoir où il en est et ce qui lui reste à faire avant de présenter ses recommandations», a-t-il dit à bord de l'avion l'emmenant à Bagdad, en provenance de Munich.

L'armée américaine compte environ 160 000 militaires en Irak, et doit retirer quelque 30 000 soldats avant le mois de juillet 2008.

M. Gates doit également s'entretenir avec les principaux dirigeants du pays, dont le président Jalal Talabani. Cette visite intervient alors que le Parlement irakien a approuvé le mois dernier une loi controversée sur la réhabilitation d'anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein, une mesure censée marquer une étape importante vers la réconciliation nationale et qui a été saluée par le président américain George W. Bush.

Une porte-parole américaine, le commandant Peggy Kageleiry, a indiqué que l'attentat dans le secteur de Balad, dans la province de Salahedine, avait eu lieu près d'un poste de police.

«Une voiture piégée a explosé sur un marché de Balad près d'un barrage de la police. Vingt-trois personnes ont été tuées et vingt-cinq ont été blessées», a indiqué le commandant Kageleiry.

L'armée américaine conduit dans la province de Salahedine une opération baptisée Phantom Phenix dirigée contre des éléments d'al-Qaïda qui y ont trouvé refuge après avoir été chassés de Bagdad et de ses environs.

Trois autres provinces sont concernées par cette opération dans le nord de l'Irak, Diyala, Ninive et Tamim.

La ville de Mossoul, capitale de la province de Ninive, est considérée par le commandement américain comme l'épicentre de l'activité des émules d'Oussama ben Laden en Irak.

Le 25 janvier, le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a promis une «bataille décisive» contre les combattants d'al-Qaïda à Ninive après des attentats qui ont fait des dizaines de morts à

Mossoul.

Dans la ville de Sinjar, dans cette même province, des affrontements ont eu lieu à la suite de l'attaque par des membres présumés d'al-Qaïda en Irak d'une base d'un «Réveil» local.

Cinq membres de ce groupe ont été tués en ripostant à l'attaque de leurs locaux, et cinq autres ont été blessés. Dix combattants islamistes présumés ont trouvé la mort dans les combats.

Constitués principalement d'anciens insurgés sunnites, les groupe des «Réveils» ont été formés à partir de 2006 pour lutter contre les islamistes aux côtés des forces américaines. Au nombre de 130 groupes, ils regroupent 80 000 combattants.

Le commandement américain a affirmé hier avoir découvert des documents au cours de raids contre des bases d'al-Qaïda indiquant que l'organisation islamiste est «en crise».


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