Opinion

Lettres: Un texte écrit par semaine! Est-ce réaliste, Madame la Ministre?

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Nicole Poirier, Québec, 8 février 2008

Édition du lundi 11 février 2008

Mots clés : Éducation, Français (langue), Québec (province)

Madame Courchesne devrait côtoyer un enseignant de français pendant un mois avant de suggérer un texte écrit par semaine. Je partage, néanmoins, son opinion en ce qui a trait à l'importance d'écrire. Toutefois, ce texte, il faut le corriger. En quoi consiste la correction? Ayant été enseignante de français pendant de nombreuses années et étant maintenant à la retraite, j'aimerais lui présenter les caractéristiques d'une bonne correction.

Premièrement, il faut souligner les erreurs et indiquer, dans la marge, le type, à savoir erreur de grammaire, d'orthographe, de ponctuation, de syntaxe et de vocabulaire. Deuxièmement, en ce qui concerne la syntaxe, il faut parfois expliquer l'erreur, comme l'usage inadéquat du pronom relatif ou d'un temps de verbe, et j'en passe. Troisièmement, pour ce qui est du vocabulaire, il faut suggérer à l'élève le mot le plus approprié. De cette façon, on améliore et on élargit son vocabulaire. Alors, je demande à Mme Courchesne, comment faire ce genre de correction une fois par semaine? Comment faire ce genre de corrections, préparer ou revoir des leçons et vivre le quotidien (dormir, manger, faire de l'exercice, maintenir les liens familiaux, éduquer les enfants, etc.)?

En outre, il faut éveiller les jeunes aux activités culturelles ayant un lien avec la création littéraire. À ce moment-là, il faut assister à des pièces de théâtre ou des récitals de poésie afin de faire un choix judicieux. Il nous faut aussi voir des films qui sont souvent des adaptations de roman. Il faut lire des romans et les présenter en classe.

Je reviens à ce que j'ai écrit au début du texte. Il faudrait que Mme Courchesne côtoie un enseignant de français afin qu'elle constate de visu la tâche colossale qu'il a à abattre. En début de carrière, j'ai enseigné deux autres matières et jamais, au grand jamais, je n'ai eu autant de corrections. Il faudrait donc que madame la ministre de l'Éducation se penche également sur la tâche de l'enseignant de français au même titre que le contenu du programme ou des cours donnés en classe.

Et les enseignants en français pourront vivre normalement? Est-ce réaliste?


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