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L'illusion! Le modelage de la réalité...

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le samedi 09 février 2008 06:00



Le modelage de la réalité ne date donc pas d'hier.
«Le Kenya, qu'on présentait...»

J'ai l'inconfortable impression, que nous vivons une période où ce "modelage" s'accentue quotidiennement et exponentiellement.
Avant, on modelait la réalité d'un pays, d'une ville, d'une région, même d'un individu. Aujourd'hui, le même phénomène se poursuit et pire on façonne la réalité du monde entier. Les techniques se sont, soit raffinées, ou les gens sont encore plus crédules.
C'est probablement un peu des deux. Chose sûre, les communications, ces outils de propagande dévastateurs et de modelage de la réalité, se sont grandement améliorées. L'avènement d'internet qui nous offre une banque phénoménale d'information, nous offre du même coup, un outil de propagande hyper puissant.

De nos jours, la chose terrible c'est que ce ne sont plus des éléments isolés qui sont modelés, c'est l'ensemble de la réalité du monde. Nous vivons un modelage global de la réalité mondiale.

Lorsque M. Harper dit qu'il va demander à ses alliers, 1000 chairs à canon de plus... On devine bien que ce n'est que de la manipulation médiatique et qu'il sait très bien où il va.

Avec un peu de discernement, il est facile de devenir devin.
Harper a eu ses 1000 chairs de plus, offert par la France, je l'avais deviner le 1er février ("Est-ce une nouvelle?" http://www.ledevoir.com/2008/02/01/commentaires/0802010135018.html )

Il est facile d'être devin. Tout le monde savait bien quelles seraient les conclusions de l'enquête de Scotland Yard sur la mort de Benazir Bhutto.
Quand Musharraf déclare que Benazir Bhutto n'est pas morte avec une balle dans le cou, il faut s'attendre que Scotland Yard et la CIA nous sortent des preuves irréfutables (sic) de cette version qui blanchit la dictature démocratique soutenues par Washington et les acolytes anglais.

Lorsque l'on dit qu'une région est un repère de narcotrafiquants, elle le devient.
Lorsque l'on dit que les Talibans sont partout, ils le sont.
Lorsque l'on dit que Al Qaïda est une puissance maléfique mondiale, elle l'est.
Lorsque l'on dit que Ben Laden est au Pakistan, il revit.

Finalement, il faudrait débarquer dans bien des régions, comme M. Courtemanche, l'a fait, il y a vingt ans, au Kenya, pour s'apercevoir, tout comme lui, que la réalité de ce coin a été modelée.
On modelait la tranquillité kenyane pour que les sièges sociaux des multinationales aient la paix et puissent contrôler la place sans trop se faire remarquer.
Dans bien des régions, c'est encore le cas aujourd'hui, et ce modelage, semble s'être accentué incroyablement.

Comme les grands manipulateurs de l'opinion le savent bien, paradoxalement, plus c'est incroyable, plus on y croit. Un petit mensonge risque de se faire découvrir, tandis qu'un gros, même mis sous les projecteurs, est protégé par son "incroyabilité". Moins l'on peut s'imaginer que l'on puisse mentir à ce point, mieux le gros mensonge est protégé.

En lisant les expériences comme celles de M. Courtemanche, en lisant les rapports de services secrets qui sortent du secret de temps à autre, bien des années après que cette réalité ait existé, à analyser la réalité et à la confronter avec les enjeux, les puissances, les profits, ... on en vient à douter de tout.
Et désespoir total, ce quatrième pouvoir qu'était la presse, semble avoir abdiqué. Ce pouvoir n'existe plus, ce pouvoir ne défend plus la réalité. Ce pouvoir a été récupéré et sert maintenant au modelage de la réalité. (Heureusement, nous avons encore quelques rares "Courtemanche" qui persistent à s'interroger)

Il n'y a qu'à voir, la diffusion des conclusions des "limiers" propagandistes anglais (la CIA s'était d'ailleurs proposée pour leur prêter main forte, en cas de besoin...).
Il n'y a qu'à voir la surprise avec laquelle on traite la nouvelle que la France offre à Harper ses 1000 chairs à canon dont il avait besoin pour continuer l'occupation de l'Empire au Moyen Orient.

Nous ne vivons plus dans la réalité du monde, nous vivons de plus en plus dans cette illusion qu'on nous sert. La réalité n'existe plus, tout n'est qu'illusion, comme jadis, l'illusion kenyane de M. Courtemanche.

M. Courtemanche nous présente une note discordante de la réalité kenyane, une réalité beaucoup plus nuancée que celle qu'on nous offre. Il ébranle le simplisme de tout ramener à des guerres ethniques, comme si l'Afrique n'était faite que de malades voulant tuer tous ceux qui ne sont pas de leur tribu, comme si l'exploitation honteuse des richesses par les «investisseurs étrangers» qui utilisent allègrement l'outil de la corruption pour parvenir à leur but et avoir la paix et les immenses profits, n'existait pas.

Partout à travers le monde, dans ces pays de pauvreté, où l'on vit avec 2$ par mois, c'est l'exploitation, toujours associée à la corruption qui favorise les atrocités.
La corruption, l'outil privilégié des puissances. Corruptions généralisées en Afrique, jadis généralisées en Amérique latine, qui se généralise au Moyen Orient et partout où des intérêts stratégiques ou économiques les justifient.

(À lire concernant la corruption en Afrique
Une enquête de Philippe Bernard dans le journal Le Monde
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/01/31/le-patrimoine-des-chefs-d-etat-africains-en-france_1005944_3224.html )

Ceux qui résistent à la corruption et aux menaces, deviennent automatiquement des démons. C'est le phénomène de la diabolisation. Les diables maléfiques comme Castro, Chavez, Poutine, Kadhafi, et tous ceux qui mettent des embûches stratégiques ou économiques à l'Empire.

J'ai l'air fou de parler de l'Empire. C'est bien vrai, on a toujours l'air fou lorsque l'on dénonce des mensonges qui paraissent incroyables. Les mensonges incroyables sont automatiquement protégés par leur ampleur.
Juste d'en parler, on en a d'l'air fou!

Serge Charbonneau
Québec

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