Matt Herskowitz au Palais Montcalm le 5 février - Un Gershwin franc et percussif

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Patrick Caux
Édition du samedi 09 et du dimanche 10 février 2008

Mots clés : George Gershwin, Palais Montcalm, Matt Herskowitz, Spectacle, Musique, Québec (province), Québec (ville)

Photo: Nancy Lessard
Côté interprétation, Matt Herskowitz s'est révélé être un pianiste extrêmement généreux.

La nature du projet méritait une écoute attentive. Matt Herskowitz, pianiste new-yorkais installé à Montréal, s'était attaqué à un fichu morceau: faire des arrangements pour piano seul de certaines des principales oeuvres de George Gershwin.

Sur disque (Matt Herskowitz Plays Gershwin, étiquette Tout Crin), le résultat de cette adaptation est probant. Herskowitz est en effet parvenu à conserver l'esprit, la fougue et l'impact des oeuvres orchestrales du compositeur américain. Le tout était suffisamment séduisant pour ne pas manquer l'occasion de l'entendre lors de son passage à Québec.

Sur scène, les oeuvres conservent toute leur saveur; laquelle est bonifiée par la personnalité sympathique du pianiste. En toute simplicité, Herskowitz s'adresse au public pour annoncer le programme de la soirée: Cuban Overture, Rhapsody in Blue et, finalement, les trois mouvements du majestueux Concerto in F.

Dans la petite salle pouvant accueillir une centaine de personnes (pratiquement remplie à pleine capacité), l'énergie communicative d'Herskowitz a opéré. Après la mise en bouche chaude et épicée du Cuban Overture (pièce moins connue des spectateurs présents), les premières notes de la Rhapsody ont fini de conquérir le public. Mais ce n'était rien comparativement aux modulations à la fois graves et enflammées de la pièce de résistance, ce fameux Concerto in F qu'Herskowitz a décrit -- et on comprend pourquoi -- comme étant son morceau favori de Gershwin.

Côté interprétation, Herskowitz s'est révélé être un pianiste extrêmement généreux, qui négocie à merveille les courbures, les variations de rythme, les zones d'ombre et de lumière parsemant les oeuvres. Son style percussif, musclé -- voire viril --, sied en effet parfaitement à Gershwin. Ce soir-là, on a été témoins de quelques petits accrocs de doigtés, amplement compensés par l'ardeur, le souffle et l'âme de l'interprète. On sent que ce récital va prendre encore beaucoup de maturité au fil des représentations.

Seule ombre au tableau, la qualité acoustique du Café-spectacles, dont les murs étaient couverts de rideaux. Le timbre du piano, qu'on aurait souhaité clair et éclatant, s'en trouvait quelque peu étouffé. La prochaine fois, on espère avoir la chance d'entendre Herskowitz dans une salle permettant de mettre son attaque franche et directe en valeur.

Comme le soulignait un ami mélomane présent, les parties improvisées de But not for Me et de I Got Rhythm jouées en rappel impressionnaient moins que le programme principal. Mais cette petite baisse d'intensité n'a altéré en rien l'envie d'errer encore un peu dans l'univers de Gershwin... envie vite comblée en se dirigeant vers le club vidéo pour se repasser An American in Paris.

Collaborateur du Devoir

- Matt Herskowitz présentera son Classical Gershwin à la Maison de la culture Mercier le 14 février. www.mattherskowitz.com.


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