Mon bikini, ma carte, ma brosse à dents
Mots clés : Fool' Gold, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)
Les caprices de chaque saison et les rendez-vous obligatoires du calendrier suffisent parfois à comprendre la présence de certains films sur nos écrans. Le soleil semble prendre des vacances en février et les célibataires résignés voient venir avec horreur la Saint-Valentin? Des comédies romantiques à l'optimisme béat tournées dans des lieux paradisiaques surgissent comme par magie pour soulager nos humeurs moroses.
Fool' Gold
Réalisation: Andy Tennant. Scénario: Andy Tennant, John Claflin, Daniel Zelman. Avec Matthew McConaughey, Kate Hudson, Donald Sutherland, Ewen Bremmer. Image: Don Burgess. Montage: Troy Takaki, Tracey Wadmore-Smith. Musique: George Fenton. États-Unis, 2008, 113 min.
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Il n'y a pas d'explications moins triviales pour saisir les enjeux d'un film comme Fool's Gold, d'Andy Tennant, dont la feuille de route (Hitch, Sweet Home Alabama) témoigne d'une certaine cohérence. L'homme croit en l'amour, du moins comme fonds de commerce. Et pour donner l'illusion de la nouveauté, il plante sa caméra devant des paysages exotiques, et parfois même au milieu de la mer, donnant ainsi une touche Club Med à une chasse au trésor où s'affrontent trois groupes rivaux.
Les pierres précieuses d'un vieux navire espagnol représentent l'obsession de Ben Finnegan (Matthew McConaughey), un explorateur irresponsable et téméraire. Tess (Kate Hudson), son épouse, trouvait cela bien séduisant au début de leur mariage mais, de faillites en déconfitures, elle s'est lassée, demandant un divorce expéditif. La voilà maintenant forcée de faire la serveuse sur le yacht d'un milliardaire, Nigel (Donald Sutherland), et Ben, avec des compétiteurs et des créanciers à ses trousses, débarque sur le bateau pour y faire son numéro de charme et trouver ainsi le soutien nécessaire à ses recherches. Quitte à séduire la fille (Alexis Dziena) de Nigel, une version brunette de Paris Hilton. Tess, visiblement nostalgique de leurs parties de jambes en l'air et stimulée par la jalousie, décide de retrouver ses réflexes d'aventurière.
À partir d'un canevas usé comme une rame de galère romaine, Andy Tennant ne fait que reproduire les recettes, ajoutant un joli petit parasol de papier sur une boisson colorée, fumante et quelque peu aphrodisiaque. En effet, le passé sexuel de ce couple fait l'objet de blagues et d'allusions si insistantes -- et rarement drôles -- que l'on se demande où ils ont bien pu trouver le temps de se chicaner. Scruté à la loupe comme s'il auditionnait pour une réclame de Calvin Klein, Matthew McConaughey ne se fait pas prier pour jouer au morceau de viande bronzé, nettement plus convaincant en exhibitionniste de plage qu'en spécialiste de l'histoire de l'Espagne... Il en va de même pour Kate Hudson, dont les talents comiques et la candeur semblent avoir fondu sous le soleil des Caraïbes...
Si certaines pirouettes aquatiques et autres cascades autour d'une crevasse viennent injecter un soupçon de dynamisme à cette variation contemporaine du film de pirates, les scénaristes ont malheureusement aiguisé à la hâte leurs crayons. Ce cinéma à formules et à petits numéros pourrait s'élever légèrement au-dessus de la médiocrité environnante si quelques répliques incisives et des dialogues inspirés provoquaient de véritables étincelles. Là encore, tout s'est évaporé sous le coup d'une chaleur écrasante. C'est sûrement pour cette raison que McConaughey est si légèrement vêtu...
Collaborateur du Devoir
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