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Tous les politiciens sont des caméléons

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Yvon Dionne
Envoyé Le vendredi 08 février 2008 16:00



Mme Payette,

C'est bien écrit votre charge contre Jean Charest. Mais il faut aller au-delà de la verve contre un politicien opportuniste, et s'attaquer au régime qui l'a fait élire. Je n'aime pas Jean Charest. Je ne dirai jamais que je le déteste parce que ce n'est pas mon genre de détester. Je préfère la négation, qui me rappelle l'affirmation. De plus, détester ce n'est pas bon pour l'esprit et pour l'estomac.

Pour tout dire, j'aimerais qu'il y ait une véritable troisième option au Québec, celle qui mettrait la liberté individuelle au premier plan, après avoir examiné dans un esprit critique toutes les options étatiques. Nous n'avons pas cette option présentement.

Jean Charest est un bon manipulateur, et c'est ce que je n'aime pas le plus de lui. Je préfère la franchise. Lui est un as de la manipulation. Mais il paraît que c'est sa femme (Michelle, de mon nom de famille) qui a fait de lui un homme... Celui que je préfère appeler le «p'tit frisé de la Grande-Allée» est en effet passé de simple ministre de Brian Mulroney à celui qui dit au Québec comment nous comporter: la santé publique, la sécurité publique, tous les ministères sont mis à la tâche de nous dire comment être nous-mêmes.

Il a par exemple utilisé l'assassinat d'Anastasis de Sousa pour s'attaquer aux propriétaires d'armes à feu, pour des raisons uniquement électoralistes.

Il fait la propagande de Kyoto 2 (Kyoto Two) pour faire plaisir à ses amis des grandes compagnies qui veulent bénéficier de crédits, aux dépens de tout le monde, pour faire ce qu'elles devraient faire.

Il nomme tous ses amis à des postes importants et rémunérateurs, mais ça le PQ avait fait de même (n'est-ce pas?).

Il se sert de l'ADQ pour un vote qui fait son affaire, sachant que l'ADQ est en somme issue du Parti libéral et que certaines des propositions de l'ADQ peuvent faire son affaire.

Ceci dit, il y a un livre co-signé par Jean-Luc Migué, intitulé: Ici, le peuple gouverne. J'ai écrit un texte sur ce livre, d'un point de vue sceptique: «Pour que le peuple gouverne» (voir http://yvondionne.org/etat.html#peuple). Plus qu'une réforme selon le mode de représentation, il faut que les gens (en supposant qu'ils soient bien informés) votent selon leurs préférences.

Au plaisir de vous relire,

Yvon Dionne
http://www.yvondionne.org/

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