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Cervelle d'oiseau, un compliment!

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Gabriel RACLE
Envoyé Le vendredi 08 février 2008 14:00



Les recherches sur l'intelligence des animaux, des primates et des oiseaux en particulier, suscitent un intérêt croissant, semble-t-il. L'on pourrait multiplier les témoignages concernant ces derniers, dans le sens des travaux de Louis Lefebvre dont il est question dans cet article. Et, puisque « l'équipe de Louis Lefebvre n'a pas volé jusqu'aux quatre coins de la planète [mais] s'est plutôt posée dans la bibliothèque de McGill, où elle a épluché toute la littérature scientifique relatant des observations extraordinaires », ajoutons quelques autres exemples, pour le bénéfice des lecteurs qui n'ont pas assisté à la conférence mentionnée.

Le no 414 de la revue scientifique « La Recherche », de décembre 2007, publie un article intitulé « Le geai buissonnier, malin comme un singe », qui relate les observations de l'éthologue Nicky Clayton, sur le comportement presque stupéfiant de cet oiseau bleu. On pourrait certainement faire des observations tout aussi intéressantes sur notre geai bleu, comme ceux qui viennent prendre des arachides sur le rebord de ma fenêtre. Pour s'épargner des voyages et sans doute garnir son « grenier », l'un d'eux prend 2 ou même 3 arachides d'un coup, 2 dans son gosier et une dans son bec. Un autre soupèse les arachides, repose les plus légères qu'il laisse aux autres, et prend les plus lourdes.

Dans un article d'Internet intitulé « Pas si bêtes que ça, les oiseaux, Gilbert Blaising donne quelques exemples intéressants. « Les grives musiciennes se servent d'une pierre comme enclume pour briser les coquilles d'escargots. Que dire des cormorans qui se groupent en bande serrée à la surface d'un étang pour attirer sous eux les poissons en quête d'ombre protectrice et qui brutalement plongent tous ensembles pour capturer ces imprudents. »

Ailleurs, on cite des corbeaux du Japon, qui ont trouvé un système peu fatiguant pour casser leurs noix : ils les laissent tomber sur une route ou dans une rue et les autos se chargent de les écraser. Pour récupérer le contenu sans se faire écraser, certains ont trouvé une solution. Ils le font dans des passages piétons et peuvent ainsi récupérer leur repas sans danger.

Un autre cas est celui de geais qui s'assoient sur des nids de fourmis, afin que celles-ci les arrosent d'acide formique... un puissant insecticide qui débarrasse l'oiseau de ses parasites.
On trouve dans des rapports scientifiques un autre exemple, celui d'une « corneille de Nouvelle-Calédonie élevée dans un laboratoire américain qui, l'an dernier, est devenue célèbre en tordant un fil de fer pour qu'il devienne un hameçon capable de récupérer de la nourriture à l'intérieur d'un vase. Mieux encore, elle en est arrivée à choisir, parmi plusieurs fils de fer, celui qui sera de la bonne longueur. Or, si les chercheurs ont choisi la corneille de Nouvelle-Calédonie, c'est parce qu'on l'a déjà vu faire la même chose dans son état naturel: elle y fabrique deux types d'outils, l'un s'apparentant au hameçon (pour extraire les insectes des trous d'arbres), l'autre à une pelle (une feuille soigneusement choisie, avec laquelle l'oiseau balaie sous les détritus de feuilles, jusqu'à ce que des proies sortent au grand jour). »

On pourrait allonger la liste, comme l'indique les « 2300 cas d'innovation et d'utilisation d'outils parmi 808 espèces d'oiseaux du monde entier », étudiés par l'équipe de Louis Lefebvre ». Je terminerai en reprenant simplement la conclusion de Gilbert Blaising : « Ce ne sont là que quelques exemples de manifestations d' "intelligence " constatables par tout un chacun. Ils sont largement confirmés par des études et expériences scientifiques effectuées sur le terrain ou en laboratoire.
De fait les oiseaux possèdent par rapport à leur poids un énorme cerveau. Pour un poids de cinq grammes, le roitelet a 250 milligrammes de cerveau. S'il pesait 70 kg, son cerveau atteindrait 3 kilos et demi ! De plus les éléments nerveux du cerveau des oiseaux sont très miniaturisés et en comptent donc à poids égal, un nombre infiniment plus grand que celui des mammifères. Le cerveau des oiseaux est donc bien plus performant et puissant que ce qui est communément admis.
Qu'on ne s'y m'éprenne donc plus ! Dire de quelqu'un qu'il a une cervelle d'oiseau ou qu'il est une tête de linotte constitue en réalité un beau compliment. »

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