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Un texte écrit par semaine

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Nicole Poirier
Envoyé Le vendredi 08 février 2008 08:00



Madame Courchesne devrait côtoyer un enseignant en français pendant un mois avant de suggérer un texte écrit par semaine. Je partage, néanmoins, son opinion en ce qui a trait à l'importance d'écrire. Toutefois, ce texte, il faut le corriger. En quoi consiste la correction? Ayant été enseignante de français pendant de nombreuses années et étant maintenant à la retraite, j'aimerais lui présenter les caractéristiques d'une bonne correction. Quand j'écris bonne, je veux signifier une correction efficace. Premièrement, il faut souligner les erreurs et indiquer dans la marge le type d'erreur, à savoir errreur de grammaire, d'orthographe, de ponctuation, de syntaxe et de vocabulaire. Deuxièment, concernant la syntaxe, il faut parfois spécifier l'erreur, comme l'usage indéquat du pronom relatif ou d'un temps de verbe inapproprié et j'en passe. Troisièment, pour ce qui est du vocabulaire, il faut suggérer à l'élève le mot le plus approprié. De cette façon, on améliore et on élargit son vocabulaire. Alors, je demande à Madame Couchesne, comment faire ce genre de correction une fois par semaine? Comment faire ce genre de corrections, de préparer ou de revoir des leçons et vivre le quotidien (dormir, manger, faire de l'exercice, maintenir les liens familiaux, éduquer les enfants, etc)?
En outre, il faut éveiller les jeunes aux activités culturelles ayant un lien avec la création littéraire. À ce moment-là, il faut assister à des pièces de théâtre ou des récitals de poésie (malheureusement plutôt rares) afin de faire un choix judicieux. Il nous faut aussi voir des films qui sont souvent des adaptations de roman. Je pense ici à SOIE, AGAGUK, LE HUSSARD SUR LE TOIT, LE SURVENANT, etc. Quand j'étais enseignante, en début de semaine, j'inscrivais toujours le point culture ou actualité dans mon plan de cours écrit au tableau. Ici, je tiens à spécifier qu'assister à des spectacles culturelles étaient source de plaisir et de renouvellement.
Je reviens à ce que j'ai écrit au début du texte. Il faudrait que Madame Couchesne côtoie un enseignant en français afin qu'elle constate de visou la tâche colossale qu'il a à abattre. En début de carrière, j'ai enseigné deux autres matières et jamais, au grand jamais, je n'ai autant de corrections. Il faudrait donc que Madame la Ministre de l'Éducation se penche également sur la tâche de l'enseignant de français au même titre que le contenu du programme ou des cours donnés en classe.
Malgré ces bémols apportés, j'ai aimé enseigner le français, car c'est une matière qui en ratisse large quant à la variété de textes lus et écrits. Cependant, quand la nostalgie de l'enseignement me saisit, je pense aux nombreux textes que je corrigeais et elle s'évanouit complètement, cette nostalgie.
N.B. J'ai fait un calcul approximatif du nombre de textes d'importance pour les élèves de cinquième secondaire (500 mots et plus) que j'avais à corriger dans une année incluant le formatif (un exercice) et le sommatif (un examen)et j'arrive à 1500. Bien sûr, il faut ajouter à cela, les poèmes, les critiques, etc. À chaque fois, environ 120 textes. Si je prends en compte la suggestion de Madame la Ministre, les enseignants en français auraient environ 4000 textes à corriger dans une année. Le nombre 180 (jours de classe) qu'il faut diviser par 5 (une semaine de classe)donne 36 semaines. Ce nombre, 36, multiplié par 120 (4 groupes de 30 élèves)donne 4320 textes à corriger.
Et les enseignants en français pourront vivre normalement?

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