La France deviendra le premier « grand » pays à ratifier le nouveau traité européen

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AFP
Édition du vendredi 08 février 2008

Mots clés : Constitution européenne, Référendum, Union européenne (UE), France (pays)

Bruxelles -- La France, après avoir rejeté le projet de Constitution européenne par référendum en mai 2005, devrait devenir le premier grand pays de l'Union européenne à ratifier le traité élaboré avec difficulté par les dirigeants européens pour la remplacer.

Les députés ont adopté le traité (336 pour, 52 contre) qui sera maintenant présenté au Sénat. La Hongrie, Malte, la Slovénie et la Roumanie ont déjà ratifié le traité.

Le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, dont le pays préside l'UE jusqu'en juin, disait espérer la semaine dernière que «plus de la moitié» des États auront ratifié ce traité de Lisbonne avant la fin de sa présidence. L'objectif est que les 27 pays membres l'aient entériné avant fin 2008 pour qu'il entre en vigueur au 1er janvier.

En Slovaquie, la ratification a été bloquée hier pour la troisième fois par le Parlement de Bratislava. Un différent concernant un projet de loi sur la presse divise les partis politiques. Le vote a été reporté sine die.

Même s'il reprend de nombreuses innovations de la Constitution, le nouveau traité a été rédigé spécialement pour éviter aux pays membres une ratification par référendum, infiniment plus risquée qu'une ratification parlementaire.

À ce jour, le seul pays ayant annoncé un référendum est l'Irlande, où il est obligatoire. Un sondage publié fin janvier montrait que près de deux tiers (64 %) des Irlandais étaient encore indécis, 26 % étant prêts à voter oui et 10 % non. Le scrutin pourrait avoir lieu en mai.

Le premier ministre britannique Gordon Brown a tenu bon face aux appels pressants des eurosceptiques en faveur d'un référendum, réputé ingagnable. La ratification du texte, qui alimente un vif débat parlementaire, a commencé et devrait prendre encore plusieurs semaines, même si elle ne devrait pas poser problème.

Beaucoup de pays n'ont pas encore fixé de calendrier de ratification précis.

Si l'Allemagne s'est engagée à le faire au premier semestre 2008 et si le premier ministre polonais veut éviter les «retards inutiles», d'autres devraient attendre encore un peu, comme l'Espagne ou la Suède, qui ne prévoit un vote qu'en novembre.

Aux Pays-Bas, qui avaient eux aussi voté non lors d'un référendum en 2005, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a simplement indiqué que le gouvernement «s'efforce de conclure le processus de ratification» en 2008.

Si le traité est bien ratifié par les Vingt-Sept avant fin 2008, son effet le plus tangible au 1er janvier 2009 sera de voir l'Union européenne dotée d'un président permanent: il devrait incarner l'Europe sur la scène internationale même si ses prérogatives restent à clarifier, notamment par rapport au nouveau haut représentant de la politique étrangère européenne créé par le traité.

Les conjectures à propos du nom du futur président ont déjà commencé, alimentées par les encouragements publics du président français Nicolas Sarkozy favorables à Tony Blair mais aussi au premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.

Mais d'autres soulignent que M. Blair, qui fut au coeur des divisions européennes sur la guerre en Irak et n'a pas su ramener le Royaume-Uni au coeur de l'Europe, ne «remplit pas tous les critères».


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