Une girouette ne fait pas le printemps
Mots clés : Mario Dumont, Jean Charest, Gouvernement, Parti politique, Québec (province)
Jean Charest a crié sur tous les toits que Mario Dumont, chef de l'opposition officielle, était une girouette. Le terme a été jugé tellement offensant par le président de l'Assemblée nationale qu'il a été rayé du lexique des insultes permises aux députés et ministres du Québec.
Une fois sur cette lancée, je me suis demandé à quel animal on pourrait bien comparer Jean Charest lui-même. Son épouse avait un jour avoué en rougissant que, dans l'intimité, elle l'appelait Patapouf. Ç'a bien failli lui coller à la peau, mais Jean Charest, dont on dit parfois qu'il est comme du téflon et que rien n'a vraiment de prise sur lui, a réussi à s'en sauver.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que s'il ne tourne pas avec le vent lui-même, ce qui en ferait la girouette en chef, il ne répugne pas à nager dans le sens du courant. C'est moins fatigant, c'est sûr, et ça rapporte beaucoup plus en pourcentages de satisfaction du public. Au cours des derniers mois, sa popularité a augmenté surtout parce qu'il n'a rien fait d'autre que de nager avec le courant, ce qui est la meilleure façon de ne pas mettre les pieds dans les plats.
M. Charest est surtout le spécialiste des transformations rapides. Vous pensez que vous le connaissez, que vous avez bien cerné ses forces et ses faiblesses, et pfft, il est déjà parti ailleurs. Du bleu au rouge, par exemple, avec la rapidité de l'éclair quand il a fallu changer de parti. Puis il est devenu vert quand il a senti que la protection de l'environnement allait devenir un discours porteur. Il est même devenu rose quand il s'est rendu compte que les femmes seraient un atout de plus dans son cabinet. Changer de couleur ne lui fait pas peur. C'est un homme Technicolor. Au fond, Jean Charest est ce qui se fait de plus près d'un caméléon. Il maîtrise l'art du camouflage comme un véritable expert.
Qu'est-ce qu'un caméléon?
Le Petit Robert dit que le caméléon est «un reptile saurien, de couleur gris verdâtre, au corps orné d'une crête dorsale à queue prenante». Ce serait presque une insulte que de comparer le premier ministre à un tel animal. Quoique ce soit bien tentant, je l'avoue. Mais c'est dans son sens figuré que la ressemblance est la plus frappante: «Personne qui change de conduite, d'opinion, de langage, au gré de l'intérêt», dit Le Petit Robert. Dans le cas de Jean Charest, cette description est troublante de vérité. La preuve? Il va même devenir un défenseur de la langue française, puisqu'il le faut bien pour rester populaire.
Tous les journalistes affirment ces temps-ci que l'homme a changé au cours des derniers mois. En surface, c'est évident. On le voit au premier coup d'oeil. D'une certaine façon, Jean Charest se comporte comme certaines femmes. Il croit que le fait de changer d'apparence va entretenir la flamme. Il imite ces épouses qui, se sentant désaimées, décident de jouer le tout pour le tout afin que l'être aimé les voie de nouveau autrement que comme un meuble auquel on ne fait plus attention. Se sentant délaissé par la population, qu'il veut pourtant encore séduire, Jean Charest a changé d'allure. Règle générale, les femmes, elles, perdent du poids et se font teindre en blondes. Lui s'est contenté de perdre du poids, puis il a fait retoucher ses costumes. Il a réajusté ses vestes et il se tient droit comme un i en toute circonstance.
Ce qui a le plus changé chez Jean Charest, c'est peut-être le ton. On commence déjà à sentir l'influence de John Parisella, grand fabricant de politiciens depuis longtemps, qui a réussi à convaincre Jean Charest que le genre relax à la Robert Bourassa lui conviendrait mieux que les fausses colères qu'il nous a servies depuis des années. Qu'il valait mieux sourire que de crier, qu'il fallait plier avec le vent plutôt que de heurter tout le monde de front. Avec Robert Bourassa, jouer au roseau qui plie était devenu un véritable art de gouverner. La prochaine étape pour Jean Charest consistera sûrement à limiter ses gestes au strict minimum, histoire d'avoir l'air posé en tout temps, comme Bourassa, même dans la pire des tempêtes.
Peut-on penser qu'un caméléon fera le printemps? Ce serait étonnant.
Vos réactions
Une girouette ne fait pas le printemps - perjoratif ? - par J Conrad
Le mardi 26 février 2008 11:00
@ Jean Dunois - par Paul Lafrance
Le dimanche 17 février 2008 16:00
Suzanne Legault - par Paul Lafrance
Le jeudi 14 février 2008 07:00
Jean Dunois - par Paul Lafrance
Le jeudi 14 février 2008 07:00
Jean Dunois - par Paul Lafrance
Le jeudi 14 février 2008 07:00
bestiaire de Madame Payette - par gabriel et michèle poulin (michepoul@videotron.ca)
Le mercredi 13 février 2008 19:00
Pour que le peuple gouverne - par Yvon Dionne (yvon596@globetrotter.net)
Le samedi 09 février 2008 16:00
Immuable ! - par France Lafontaine
Le samedi 09 février 2008 00:00
Rappel - par Roger Dion
Le vendredi 08 février 2008 19:00
Le Devoir a toujours appartenu aux abonnés ... Jamais à Claude Ryan! - par Jean-Renaud Dubois
Le vendredi 08 février 2008 17:00
Tous les politiciens sont des caméléons - par Yvon Dionne
Le vendredi 08 février 2008 16:00
Paul Lafrance - par Jean Dunois
Le vendredi 08 février 2008 16:00
À choisir - par Paul Lafrance
Le vendredi 08 février 2008 15:00
rien ne change au PQ - par Paul Lafrance
Le vendredi 08 février 2008 15:00
Ça fait du bien de temps à autre....même au très sérieux Devoir ! Surtout après avoir lu Alain Dubuc, ce matin!! - par Jean-Renaud Dubois
Le vendredi 08 février 2008 13:00
Tel Rousseau, transparent! - par Patrick Lépine
Le vendredi 08 février 2008 13:00
Un « usurpateur » - par Jean Dunois
Le vendredi 08 février 2008 13:00
du stuff de journal de montréal - par Normand Chaput
Le vendredi 08 février 2008 09:00
Les visés - par Réjean Grenier (rgrenier@questzones.com)
Le vendredi 08 février 2008 09:00
@ Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca) - par Michel Leclaire (leclaire.michel@videotron.ca)
Le vendredi 08 février 2008 09:00
Une excellente mise au point - par Geneviève Chailler
Le vendredi 08 février 2008 08:00
La girouette politique tourne sous le vent des voteurs - par Claude Stordeur (claudest@gmail.com)
Le vendredi 08 février 2008 08:00
Caméléon? - par Suzanne Legault
Le vendredi 08 février 2008 08:00
PQ et ADQ, attention au caméléon ! - par Gilles Bousquet
Le vendredi 08 février 2008 08:00
Rappel - par Paul Verreault
Le vendredi 08 février 2008 08:00
Rabotage... - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le vendredi 08 février 2008 08:00
Au moins Madame Payette ne change pas... - par Jean-G. Lengellé
Le vendredi 08 février 2008 06:00
Une chronique bien mince, malgré un sujet plutôt emballé! - par Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Le vendredi 08 février 2008 01:00

