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Un trou béant dans le rapport Courchesne

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Régine Pierre (regine.pierre@umontreal.ca)
Envoyé Le jeudi 07 février 2008 14:00



En déposant ce rapport la Ministre Courchesne admet que la réforme est un échec et qu'il faut revoir l'ensemble du curriculum mais elle ne s'attarde qu'aux aspects les plus évidents pour la population. Qui ne sait pas ce qu'est une dictée? Mais qui sait ce que signifie savoir lire?

Le problème c'est qu'elle laisse des trous béants. L'enseignement de la lecture qui aurait dû être prioritaire est totalement occulté. Pas étonnant, il n'y avait pas de spécialiste de la lecture sur le comité d'experts.

Que vont faire les enfants qui ne savent pas lire pendant l'heure de lecture obligatoire? Sur quelle matière va-t-on prendre cette heure? Sur l'enseignement de la lecture? Autrement dit avec la proposition Courchesne on va consacrer 5 heures de moins par semaine à l'enseignement de la lecture. Mme Courchesne, s.v.p. arrêtez de faire des changements à la pièce. Les mesures que vous proposez sont pleines de bonne volonté mais certaines relèvent de l'utopie et d'une vision naïve de l'enseignement du français. Décrétez un moratoire pour que l'on repense l'ensemble de cette réforme. Les enseignants ne seront pas plus confus qu'ils ne le sont présentement et le système ne s'écroulera pas.

Prenez modèle sur la France qui a compris qu'il fallait commencer par réformer l'enseignement de la lecture au premier cycle du primaire et que cela supposait de rejeter le modèle québécois d'enseignement de la lecture que le Ministère de l'éducation impose depuis 30 ans. Nous sommes un des rares, sinon le seul pays à l'avoir maintenu.

Votre contre-réforme ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau si vous ne vous attaquez pas à l'enseignement de la lecture.

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