«Coup de barre» pour le français
Mots clés : Michelle Courchesne, Langue, Éducation, Québec (province)
Québec présente 22 mesures pour que la langue devienne une priorité à l'école
Québec -- Un «coup de barre très fort»: voilà comment la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a présenté un audacieux «plan d'action» pour l'amélioration de l'enseignement du français au Québec hier. Un plan qui a reçu un accueil plutôt favorable.Le gouvernement devait agir, car «les résultats ne s'amélioraient pas», a affirmé Mme Courchesne. Ces mesures, qu'elle a qualifiées d'«exigeantes», veulent éviter que l'on traverse «une crise» d'angoisse à l'égard de l'enseignement du français «tous les 10 ans». Et pour ce faire, elle ratisse large.
Classées en cinq «axes», ces mesures visent la valorisation du français de l'école primaire à l'université et remettent en question plusieurs éléments de la réforme de l'éducation, sans «jeter le bébé avec l'eau du bain», a soutenu la ministre. Cette dernière reverra donc tous les contenus des programmes de français «pour que l'enseignement soit orienté vers l'acquisition, la maîtrise des connaissances», a-t-elle insisté. Le «renouveau pédagogique» mettait l'accent, lui, sur les compétences. Pour cette raison, les programmes ne comportent actuellement pas de «cibles» précises à atteindre à chaque niveau en ce qui a trait aux connaissances, surtout que l'enseignement se fait sur un cycle de deux ans. Mme Courchesne soutient qu'en révisant les contenus, elle aura à l'esprit les demandes des enseignants: «être beaucoup plus précis dans la hiérarchisation de ce que l'enfant doit savoir à chaque trimestre». La pédagogie par «projets» devra aussi faire place à certains moments à d'autres méthodes plus traditionnelles: «On ne peut pas uniquement apprendre le français à travers des projets pédagogiques. Il y a une période où l'acquisition de connaissances est importante et les enseignants doivent s'en assurer», a déclaré Mme Courchesne.
Classées en cinq «axes», ces mesures visent la valorisation du français de l'école primaire à l'université et remettent en question plusieurs éléments de la réforme de l'éducation, sans «jeter le bébé avec l'eau du bain», a soutenu la ministre. Cette dernière reverra donc tous les contenus des programmes de français «pour que l'enseignement soit orienté vers l'acquisition, la maîtrise des connaissances», a-t-elle insisté. Le «renouveau pédagogique» mettait l'accent, lui, sur les compétences. Pour cette raison, les programmes ne comportent actuellement pas de «cibles» précises à atteindre à chaque niveau en ce qui a trait aux connaissances, surtout que l'enseignement se fait sur un cycle de deux ans. Mme Courchesne soutient qu'en révisant les contenus, elle aura à l'esprit les demandes des enseignants: «être beaucoup plus précis dans la hiérarchisation de ce que l'enfant doit savoir à chaque trimestre». La pédagogie par «projets» devra aussi faire place à certains moments à d'autres méthodes plus traditionnelles: «On ne peut pas uniquement apprendre le français à travers des projets pédagogiques. Il y a une période où l'acquisition de connaissances est importante et les enseignants doivent s'en assurer», a déclaré Mme Courchesne.
Deux autres examens
Pour avoir une meilleure connaissance de la progression des élèves en français, le ministère ajoute aussi deux autres examens d'écriture qui seront corrigés par le ministère. L'un en quatrième année du primaire et l'autre au terme de la deuxième secondaire. L'épreuve sera uniforme. L'échec n'empêchera toutefois pas l'élève de monter au niveau supérieur. Les épreuves existantes, qualifiées par des experts de «passoires», seront rehaussées, «notamment en orthographe».
Québec reconnaît que le soutien aux enseignants est déficient depuis les années 2000. Ainsi, il compte doubler le nombre de conseillers pédagogiques en français. «En moyenne, trois de plus par commission scolaire se consacreront exclusivement au français.» On investira pour embaucher quelques bibliothécaires supplémentaires, comme l'avait prévu un plan d'action précédent, sous Jean-Marc Fournier. Actuellement, sur tout le territoire québécois, il n'y en a que 30 pour environ 3000 écoles; une vingtaine devraient s'ajouter.
La plan d'action vise aussi à améliorer la formation des futurs professeurs. Les universités devront revoir le contenu linguistique de leurs «programmes de formation initiale». De plus, les diplômés en littérature et en linguistique, qui devaient, depuis 1994, faire trois années supplémentaires en pédagogie pour obtenir le droit d'enseigner, auront désormais accès à des «passerelles» pour pouvoir plus facilement devenir professeurs. Quant aux autres futurs enseignants, ils devront désormais, non pas être «très bons» en français, mais bien «excellents».
Les commissions scolaires, que l'opposition officielle veut abolir, sont étroitement associées à ce plan d'action. Elles devront non seulement adopter des cibles de performance des élèves en français, mais aussi une politique linguistique afin que les communications avec les parents soient exemptes de fautes. «Il me semble que c'est un minimum», a commenté la ministre. Enfin, cette dernière a souligné que le MELS déploiera des équipes dans l'ensemble du Québec pour faire en sorte «que tout cela [soit] suivi et coordonné», a-t-elle dit en spécifiant que ce n'était pas là une «police».
Accueil favorable
Le plan d'action a été accueilli de manière plutôt favorable par les syndicats et les groupes d'opposition. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) y a vu un «pas dans la bonne direction» et une série «d'intentions louables» et «méritoires». La ministre «veut plus que des mots, elle veut agir», s'est réjoui Réjean Parent, président de la CSQ. Il a souligné toutefois que les «nouveaux arrivants» ont été oubliés dans ce plan d'action. Johanne Fortier, de la FSE, a pour sa part dit qu'elle «recevait favorablement» le plan d'action, saluant précisément le révision des contenus disciplinaires de français. Elle s'est toutefois dite préoccupée par l'obligation de faire une dictée régulièrement, y voyant une menace à l'autonomie des enseignants, une critique que la Fédération autonome de l'enseignement a aussi formulée. Cette dernière, très critique envers la réforme, déplore que le plan comporte «très peu de précisions en ce qui a trait à l'évaluation des connaissances et du poids réel qu'elles représenteront dans la note finale».
Le Parti québécois a vu dans le plan Courchesne un retour «aux principes mêmes de la réforme de l'éducation», mais il estime que le gouvernement y a mis bien peu de moyens.
La conférence de presse a été retardée quelque 15 minutes parce que les journalistes présents ont fait savoir à la ministre qu'ils refusaient de travailler en présence d'une employée de Canoë dont le texte aurait pu être repris anonymement dans Le Journal de Québec, en lock-out depuis avril 2007. Devant le refus, d'une part, des journalistes de couvrir la conférence et, d'autre part, de l'employée de Canoë de quitter les lieux, la ministre a suspendu la conférence de presse. Finalement, l'employée en question ayant décidé de partir, la conférence de presse a pu avoir lieu.
Vos réactions
Un individu intégré dans son milieu d'abord, une ou plusieurs langues....apres Madame la Ministre. - par Christian (JA) Béliveau (christianbeliveau@sympatico.ca)
Le vendredi 08 février 2008 17:00
Un trou béant dans le rapport Courchesne - par Régine Pierre (regine.pierre@umontreal.ca)
Le jeudi 07 février 2008 14:00
La grammaire surtout - par Charles Songne (defoukault@hotmail.com)
Le jeudi 07 février 2008 12:00
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Lorsque l'on enseigne en anglais dans les écoles francophones - par Alain Racicot
Le jeudi 07 février 2008 12:00
Un projet créatif personnel fait toute la différence... - par Pierre François Gagnon
Le jeudi 07 février 2008 12:00
La ministre redécouvre l'importance de la dictée ! - par Bernard Gervais
Le jeudi 07 février 2008 11:00
Langue maternelle et mathématiques - par Raymond Saint-Arnaud
Le jeudi 07 février 2008 11:00
Améliorer le français bravo, mais il faut aussi amliorer les mathématiques et les sciences - par Pierre Nonnon (pierre.nonnon@umontreal.ca)
Le jeudi 07 février 2008 10:00
Et moi qui croyais que ça ne pouvait être pire! - par Max Roujeon (maxroujeon@videotron.ca)
Le jeudi 07 février 2008 10:00
Bravo, Jeanne Pilote - par Gilles Labelle (gplabell@uottawa.ca)
Le jeudi 07 février 2008 09:00
Il suffisait de presque rien.... - par Jean-G. Lengellé (jeangeorges.lengelle@sympatico.ca)
Le jeudi 07 février 2008 08:00
Ne pas s'inquiéter ... - par Mario Tremblay
Le jeudi 07 février 2008 08:00
Enfin...bonne chance! - par andré michaud
Le jeudi 07 février 2008 08:00
Un retour aux sources - par Mme Raphaella Robitaille (patraph@tlb.sympatico.ca)
Le jeudi 07 février 2008 08:00
À lire de toute urgence. - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le jeudi 07 février 2008 08:00
L'univers dans un coin. - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le jeudi 07 février 2008 07:00
Et la grammaire? - par Paul Lafrance
Le jeudi 07 février 2008 07:00
Opportunisme éhonté - par Sylvain Larouche
Le jeudi 07 février 2008 06:00

