Énigme démocrate
Mots clés : Barack Obama, Hillary Clinton, John McCain, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)
Le Super Tuesday s'est conclu par une évidence dans le camp républicain et par une incertitude chez les démocrates. À moins d'accidents de parcours, John McCain devrait être sacré champion des républicains bien avant la tenue de la convention. À l'inverse, il est probable que les démocrates vont s'étriper jusqu'à la fin d'août alors qu'ils se rassembleront pour la grande messe avant le combat final pour la présidentielle.
Grosso modo, Hillary Clinton séduit une majorité de femmes blanches, de personnes âgées des deux sexes et de gens à revenus bas et élevés ainsi que les hispaniques. À la suite des attaques insidieuses que Bill Clinton a menées sur le flanc racial, Barack Obama a fait le plein des votes des Noirs des deux sexes en plus de bénéficier de la sympathie de la classe moyenne, des jeunes, d'un nombre grandissant de Blancs de sexe mâle et des indépendants.
En fait, dans le cas d'Obama, une réalité doit être soulignée parce qu'elle est quasi exclusive au Super Mardi. De quoi s'agit-il? C'est lors de ce dernier rendez-vous électoral qu'une augmentation de voix d'hommes blancs a été enregistrée. Par exemple, dans l'État du Massachusetts, la montée en puissance du sénateur de l'Illinois auprès de ces derniers s'est soldée comme suit: 50 % d'entre eux ont choisi Obama, à la grande surprise de tous.
La prépondérance qu'ont désormais les facteurs sociologiques a ceci de très singulier qu'elle inquiète un contingent d'éditorialistes ainsi que des mandarins du Parti démocrate. Au regard des échanges malsains qui se sont produits lors de la campagne en Caroline du Sud, tous craignent que les deux finalistes reprennent les gants en espérant se démarquer au maximum.
Certains facteurs sociologiques ayant été confirmés mardi -- on pense notamment aux affections politiques des hispaniques --, on s'attend à ce qu'Obama mène une offensive vigoureuse dès à présent et durant plusieurs semaines. Ici et là, on parie qu'il va travailler au corps les catégories sociales qui l'apprécient en dépensant sans compter. Car sur le plan financier, Obama bénéficie d'un avantage indéniable: il dispose d'un coffre mieux garni que celui de Clinton grâce aux énormes dépenses que celle-ci a consenties en vue du Super Tuesday.
Si la logique des primaires des dernières semaines se maintient, il est fort possible que le suspense se termine lors de l'investiture. Si tel est le cas, la décision finale reviendra aux super-délégués, au nombre de 800 et qui représentent... 40 % du total des délégués! Les super-délégués? Il s'agit des gouverneurs, représentants, anciens présidents et vice-présidents, qui font leur choix en fonction d'un critère que tout un chacun devine: le candidat le plus susceptible de battre le républicain lors de la présidentielle. Si on en croit les récentes sondages, Obama aurait plus de chances de faire mordre la poussière à McCain, quasi vainqueur chez les républicains, que Clinton. Sauf...
Sauf qu'on se demande, advenant une longue bataille chez les démocrates, si le champion des démocrates aura assez de temps pour panser les plaies au sein de son camp. Et ce, à cause de Bill Clinton, qui a fait à Obama ce que Bush avait fait à McCain: salir, salir, salir.
Vos réactions
Le vote des super-délégués démocrates - par Jean Piuze (jpiuze@videotron.ca)
Le vendredi 08 février 2008 01:00
Rectificatif - par Jean-Philippe Michel
Le jeudi 07 février 2008 10:00

