«Super mardi» - Guerre de tranchées Clinton-Obama
Mots clés : Barack Obama, Hillary Clinton, Super mardi, Élection, Parti politique, États-Unis (pays)
La sénatrice de New York a fait le plein de délégués dans le nord-est des États-Unis

Photo: Agence Reuters
L'expérience versus le changement. Une femme versus un Noir... Sauf surprise, on ne s'attendait toutefois pas à ce que l'un ou l'autre des candidats sorte de cette journée de primaires -- la plus importante de l'histoire des États-Unis par le nombre des États qui y participaient -- avec un avantage décisif lui permettant de prétendre immédiatement à la couronne. Ainsi que le disait un stratège démocrate: «Les démocrates en sont à la fin du début; les républicains sont au début de la fin.» Les démocrates choisissant leurs délégués à la proportionnelle, il semblait improbable que l'un des rivaux parvienne à creuser un écart insurmontable. La course démocrate est à ce point chaude que le suspense pourrait s'étirer jusqu'en juin, quand se tiendront les ultimes primaires.
«Je ne pense pas qu'aujourd'hui sera décisif, mais je crois que cela nous donnera une bonne indication sur qui représente le mieux les préoccupations des électeurs», avait déclaré Barack Obama plus tôt dans la journée sur la chaîne NBC. Mme Clinton a fait une déclaration du même ordre en votant, tôt hier matin, près de sa résidence de Chappaqua dans l'État de New York avec son mari Bill et sa fille Chelsea.
Pour autant, certains analystes avaient tendance à penser que Mme Clinton souffrirait plus que M. Obama d'une performance moyenne à l'issue de ce «super mardi». Ses stratèges sont pessimistes sur ses chances de l'emporter dans le district fédéral et les États de Washington, de la Louisiane, du Wisconsin et du Maryland, où se tiendront des primaires au cours des prochains jours et des prochaines semaines. Aussi considèrent-ils que l'Ohio et le Texas, où les démocrates voteront le 4 mars prochain, sont des États cruciaux.
Femmes, Noirs et Latinos
Mme Clinton compte beaucoup sur l'électorat féminin pour engranger des victoires. Cela s'est à nouveau confirmé hier dans son État de New York. Selon les sondages Washington Post-ABC News, elle dispose d'un avantage de 15 points de pourcentage sur M. Obama auprès des femmes à l'échelle nationale. Ce dernier a tenté ces dernières semaines de rattraper son retard en obtenant notamment l'appui d'Oprah Winfrey, la star de la télévision.
La série de scrutins d'hier devait également permettre d'évaluer dans quelle mesure M. Obama est parvenu à provoquer un exode du vote afro-américain au détriment du camp Clinton, exode apparu lors des primaires de la Caroline du Sud, il y a deux semaines. Sa victoire en Géorgie tendait à le confirmer.
Autre question importante: Mme Clinton sera-t-elle parvenue à conserver l'avantage chez les Latinos? Sa popularité auprès d'eux était un obstacle aux espoirs du sénateur de l'Illinois de vaincre en Arizona, au Nouveau-Mexique et en Californie, des États qui comptent d'importantes minorités hispanophones. Il espérait que l'appui du sénateur Kennedy l'aiderait à combler son retard. Des sondages ont par ailleurs révélé un clivage générationnel parmi les Latinos: les plus jeunes ont tendance à se laisser davantage séduire par M. Obama que leurs parents, fidèles à Mme Clinton.
Pour remporter l'investiture, un candidat démocrate a besoin du soutien d'au moins 2025 des 4049 délégués (dont 796 «superdélégués» -- des élus et des dirigeants du parti) qui siégeront à la convention. Or, 2084 délégués (dont 392 «superdélégués») étaient choisis hier.
Les deux candidats ont jusqu'à la dernière minute mené campagne à un rythme effréné aux quatre coins du pays, à coups de millions de dollars dépensés en publicités télévisées. Course de fond pour l'équipe de campagne de l'ex-première dame qui dit avoir passé quelque 12,2 millions de coups de fil aux électeurs, lundi soir.
Barack Obama, dont l'État de l'Illinois organisait également des primaires, était attendu chez lui à Chicago en début d'après-midi, trouvant le temps de donner pas moins de 27 entrevues à des stations de radio et de télévision.
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