Audiences du CRTC - Faut-il deux fonds pour les émissions de télévision?
Mots clés : télévision, CRTC, Média, Canada (Pays)
Gatineau -- Les objectifs que doit poursuivre le Fonds canadien de télévision, qu'ils soient la promotion de la culture ou bien le succès auprès du public, ont été au coeur des audiences tenues par le CRTC hier.
Ce fonds, nanti d'environ 270 millions de dollars, est financé à la fois par le gouvernement fédéral (120 millions) et par les câblodistributeurs et fournisseurs de signaux satellite (150 millions). Il permet de financer la production d'émissions canadiennes.
En juin dernier, un groupe de travail avait notamment recommandé que les objectifs actuels du Fonds canadien de télévision soient élargis, afin d'assurer un soutien accru aux émissions de télévision canadiennes qui connaissent un grand succès auprès du public. Il recommandait également que la contribution des entreprises privées soit allouée à un volet de financement privé à même le Fonds canadien de télévision.
Comparaissant hier devant le CRTC, le vice-président de Rogers Communications, Phil Lind, a estimé que cette dernière recommandation du groupe de travail n'allait pas assez loin.
Ainsi, M. Lind ne veut pas seulement d'un volet privé au Fonds canadien de télévision, mais carrément de deux fonds distincts, l'un privé, axé sur le marché et les succès d'écoute, et l'autre répondant aux objectifs de politiques publiques, plus sociaux et culturels.
«Nous voulons avoir un retour sur notre investissement. Il est plus que temps d'évoluer vers un mode de financement qui accorde la priorité au succès d'écoute», a plaidé M. Lind.
L'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) s'est opposée à cette idée, tout comme l'Union des artistes (UDA).
Les deux s'opposent non seulement à la création de deux fonds distincts, mais même à l'idée d'un seul fonds gérant deux volets distincts de financement, privé et public.
Claire Samson, de l'APFTQ, s'est demandé comment l'on classerait les émissions de télévision qui à la fois sont des succès d'écoute et dépeignent la culture ou la société canadienne, comme la série Les Lavigueur, présentement diffusée par Radio-Canada.
«Où est-ce qu'on va le mettre, lui? Il va aller dans le fonds public ou dans le fonds privé?» a demandé Mme Samson en entrevue après sa comparution devant le CRTC.
Raymond Legault, président de l'UDA, ne voit pas non plus la pertinence d'avoir deux fonds ou un fonds avec deux volets, privé et public.
«La télévision publique canadienne doit correspondre à d'autres critères qu'uniquement la rentabilité. La division entre un fonds public et un fonds privé, ça équivaut à dire: on va mettre tout ce qui est rentable d'un côté et tout ce qui n'est pas rentable d'un autre côté. J'ai beaucoup de difficulté avec ça. Pourquoi faire ça? Pourquoi diviser la télévision en deux?», a demandé M. Legault, en entrevue après sa comparution devant le CRTC.

