Affaire Arar : le Canada et les États-Unis sont dans l'impasse

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La Presse canadienne
Édition du lundi 04 février 2008

Mots clés : liste, Sécurité, Maher Arar, Justice, États-Unis (pays), Canada (Pays)

Ottawa -- Les États-Unis et le Canada ne s'entendent toujours pas sur le retrait de Maher Arar de la liste américaine des personnes à surveiller, malgré la correspondance entre le ministre canadien de la Sécurité publique, Stockwell Day, et le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff.

La Presse Canadienne a obtenu, grâce aux lois sur l'accès à l'information, les lettres qu'ont échangées le ministre Day et M. Chertoff à ce sujet, au cours d'une période allant de septembre 2006 à octobre 2007.

Les missives illustrent le fossé qui sépare Ottawa et Washington au sujet de l'inclusion de M. Arar dans la liste d'interdiction de vol. M. Day a écrit à M. Chertoff en septembre 2006, après qu'une commission d'enquête présidée par le juge Dennis O'Connor eut conclu que M. Arar, un ingénieur d'Ottawa, n'avait pas de liens avec des terroristes.

M. Arar, un citoyen canadien, a passé près d'un an dans une prison syrienne, où il a été torturé, après avoir été arrêté au cours d'une escale à New York et détenu par les autorités américaines.

La commission O'Connor a conclu que M. Arar a été renvoyé dans son pays d'origine en bonne partie sur la foi d'informations erronées fournies aux Américains par la Gendarmerie royale du Canada. Le gouvernement conservateur lui a accordé une indemnisation de 10,5 millions de dollars, mais les Américains refusent de retirer son nom de la liste de surveillance.

M. Chertoff a répondu à la lettre initiale de M. Day quatre mois plus tard, en lui disant que les États-Unis ne discutent pas de la présence, ou pas, du nom d'un individu sur la liste. Et il ajoutait qu'après révision des données des services de renseignement américains à son sujet, Washington ne retirerait pas le nom de M. Arar de la liste qui l'empêche d'entrer aux États-Unis. MM. Day et Chertoff ont eu un entretien privé à Washington en janvier 2007 pour discuter de la question mais M. Day a admis que les deux pays sont toujours dans une impasse.


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