Kenya - L'Ouest toujours en proie à la violence
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Les pourparlers entre le gouvernement et l'opposition reprennent aujourd'hui à Nairobi

Photo: Agence Reuters
L'opposant Raila Odinga a appelé l'ONU et l'Union africaine (UA) à envoyer des forces de maintien de la paix au Kenya, accusant les forces de sécurité nationales de manquer de «neutralité».
Cinq personnes ont été tuées par balles par la police, et huit à la machette. Ces nouvelles victimes portent à 70 le nombre de personnes tuées depuis vendredi.
Dans l'après-midi, des centaines de combattants armés d'arcs et flèches, et de pierres, se sont affrontés, alors que la police tentait d'intervenir, a constaté un photographe de l'AFP. Dans cette même région, à Chepilat, une centaine de maisons et une école ont été incendiées, et des échoppes détruites, selon la même source qui a fait état d'affrontements entre Kisii et Kalenjin.
Plus à l'est, dans la zone d'Anaimoi, près de la ville de Kericho (environ 240 km au nord-ouest de Nairobi), des milliers de villageois ont fui leurs habitations après le lancement par la police d'une vaste opération pour récupérer des armes volées lors de violences.
Les troubles ont éclaté vendredi dans cette circonscription après le meurtre, la veille, du député de cette circonscription, David Kimutai Too, élu du Mouvement démocratique orange (ODM, parti de M. Odinga). Il s'agit du second meurtre d'un député de l'opposition en quelques jours.
Plus de 1000 personnes ont été tuées et 250 000 à 300 000 déplacées dans les violences politico-ethniques qui ont suivi l'annonce de la réélection, contestée par l'opposition, du président Mwai Kibaki fin décembre.
M. Odinga a jugé hier «nécessaire qu'il y ait un déploiement de forces de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine». «La police a été souvent été utilisée à mauvais escient et nous ne croyons pas en la neutralité de l'armée», a-t-il déclaré lors d'une visite dans sa ville natale, Bondo.
M. Odinga a indiqué avoir «confiance» en la médiation menée par l'ex-secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, mais a laissé entendre qu'il avait d'autres plans si les négociations échouaient. «Nous avons une solution de repli», a-t-il dit, sans donner plus de détails.
M. Odinga, arrivé officiellement deuxième, accuse M. Kibaki d'avoir fraudé pour lui voler la victoire lors de l'élection, dont les résultats sont entachés de graves irrégularités, selon de nombreux observateurs.
Les pourparlers entre négociateurs mandatés par MM. Kibaki et Odinga, présidés par M. Annan, doivent se poursuivre aujourd'hui. Vendredi, les deux équipes ont signé une feuille de route censée mettre fin aux graves violences et à la crise humanitaire qui en découle, et régler la crise politique qui a résulté de l'élection du 27 décembre.
Les deux parties ont convenu que ces questions devaient être «réglées» dans une période de 7 à 15 jours, à partir du lancement officiel du dialogue, le 28 janvier, par M. Annan. Samedi, M. Odinga avait fustigé les déclarations de M. Kibaki devant l'UA à Addis Abeba qui a affirmé que «les responsables de l'opposition avaient déclenché une campagne de violences qui a fait plus de 800 morts».
«Nous exhortons Kibaki à ne pas faire dérailler les pourparlers en proférant des accusations scandaleuses [...]. Il tente de cacher le nettoyage ethnique qui a lieu dans son arrière-cour dans le centre du Kenya», avait-il déclaré.

