Des intervenants en ce débat sur la pertinence ou non de laisser voler coups bas ou injures, grossièretés ou vulgarité, ici, (mais qu'est-ce qui est grossier ou injurieux?), auront fort bien vu que tout est dans la manière, bien souvent. Ou, pour le dire autrement, dans le niveau de langage, dans le style, l'éloquence. Si bien que, la plupart du temps, c'en reviendrait à une question de classe (sociale ou intellectuelle), ultimement. Si l'on sait injurier 'finement', subtilement ou subrepticement, au moyen de savants termes, ça pourra 'passer' ; mais non si «le commun» (la masse) peut apercevoir d'emblée qu'il y a là insulte ou injure, 'passible' de censure. Le meilleur exemple de cela, récent, serait la «girouette» (Mario Dumont), qui a été instantanément proscrite (par le Président), alors que la «boussole démagnétisée» (signifiant exactement la même chose) s'ensuivant (à propos du même personnage par le même locuteur), ça, ça devenait acceptable. Comme on le voit, donc, tout serait bel et bien, essentiellement, une question de classe en cet art (droit) de (se) moquer, d'injurier ou d'«insulter». Et voilà en quoi, voilà pourquoi, entre autres, le(s) propos de Mme Bombardier peut/peuvent 'passer' plus facilement que d'autres, plus crus, moins sophistiqués, proférés par des gens ne maniant pas avec autant d'altitude le verbe (écrit ou parlé). Mais il y avait plus (en ce cas-ci). En sus de la 'crudité', en effet, il y avait personnalisation. Et il y avait aussi ce fait que, de tradition séculaire, Le Devoir ne serait pas 'précisément' le type de média accueillant ou favorisant ce style d'élocution (peu châtié ou exposant à l'être - châtié).
Denise Bombardier, dans son texte, parlait au collectif ; alors que le monsieur lui aurait répondu de manière autrement plus personnalisée et «outrageusement» dépréciative de sa personne même (de telle sorte que cela constituait, il est vrai, ou eût pu constituer enfreinte à la Charte, au chapitre de 'discrimination' fondée sur l'âge ou/et le sexe, ou encore ne serait-ce qu'eu égard à la dignité de la personne).
Cela étant dit, ce 'cas' n'en est/était pas un tout semblable à celui d'une Sophie Chiasson, par exemple. Car celle-ci ne jouissait, elle, d'aucun pouvoir, alors que Madame Bombardier, si. Or, on peut «normalement» «s'attendre à» ce qu'une personne publique dotée de pouvoir puisse être l'objet de critiques plus acerbes que qqn qui «n'a pas rapport». Lorsqu'on est soi-même 'critique' (analyste), des critiques envers soi, découlant de critiques envers certains de ses dits ou comportements, s'avèrent plus 'normales' qu'un acharnement vis-à-vis d'une Miss Météo qui, elle, ne fait la critique de qu(o)i que ce soit. Cela semble aller assez de soi.