Depuis quelques années, il y a de très préoccupantes questions à poser sur le sérieux et la fermeté du gouvernement canadien quant à sa volonté d'obtenir des résultats réels et permanents de développement. L'ACDI a perdu son indépendance depuis qu'elle est sous la coupole directe d'une ou d'un ministre titulaire. Elle est devenue un instrument de la politique des affaires étrangères et un outil des opérations guerrières dans lequel le Canada s'est engagé en fonction de préoccupations fort éloignées d'une stratégie de développement. Cet état de trop grande intimité avec l'instance politique du gouvernement l'a privée de la stabilité et de l'indépendance nécessaire pour être visionnaire et éclairée dans le choix de ses méthodes d'intervention en matière de développement. Constamment détournés de son objectif premier le développement réel et non pas une fiction de progrès comme on en est témoin ou qu'il nous est rapporté plus souvent qu'autrement. Dans le système actuel l'Acdi est à la merci des aléats des changements de ministres titulaires qui viennent y faire leur classes et leur apprentissage quant ce ne sont pas les changements de gouvernements. On est loin du temps où l'ACDI avait à sa tête un PDG tel qu'elle en a connu avec Monsieur Paul Gérin-Lajoie, un homme pour lequel le développement était HUMAIN avant que de n'être qu'économique, avant que de ne devenir qu'un moyen de soutenir les entreprises et les institutions d'ici en se servant des plus démunis comme levier pour ce faire. L'insuffisance des moyens de l'Acdi semble aussi la conséquence de la faiblesse de ses différents ministres responsables auprès des instances (Finance, Trésor et Premier ministre). Cette pénurie de moyens, bien en deça de nos engagements a en quelque sorte, forcé les fontionnaires et bureaucrates à bien des astuces pour l'affronter. La surmultiplication des processus et les embuches créer pour décourager l'accès aux fonds disponibles en sont la manifestation. Leur inventivité est employé à la surmultiplication des critères et leur ingéniosité est totalement consacrée à l'administration des formalités plutôt qu'à la réflexion sur le fond et le processus humains et culturels du développement, aux échéances des rapports et des bons formulaires plutôt qu'à la priorité que devrait être l'action sur le terrain et l'accompagnement des partenaires. Pour résumer, avec un pointe d'ironie on peut conclure que le développement n'est devenu qu'un «effet pervers» du projet, tant mieux si on le trouve mais ce n'est pas essetiel, ce qui compte ce sont les rapports bons ou mauvais, les échéances de décaissements et la fin du projet fini pas fini et peu importe la situation sur le terrain. Camille Hardy-RONY