Kenya - Accord entre Kibaki et Odinga; nouvelles tueries dans l'ouest

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AFP
Édition du samedi 02 et du dimanche 03 février 2008

Mots clés : plan d', Mwai Kibaki, tueries, Violence, Kenya (pays)

Nairobi -- Les camps du président kényan Mwai Kibaki et de son rival Raila Odinga ont signé hier un plan d'action commun pour mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays, où dix personnes ont encore été tuées dans l'ouest.

Le parti de l'opposant Odinga, qui conteste la réélection de M. Kibaki le 27 décembre, a néanmoins tenu à souligner qu'il ne s'agit que d'un premier pas et pas encore d'un accord «qui va mettre fin à la crise» politique.

«Nous sommes parvenus à un accord sur un plan pour régler les questions non seulement à court terme mais aussi à long terme», a déclaré le médiateur de l'Union africaine, Kofi Annan, qui préside depuis jeudi des pourparlers entre des négociateurs mandatés par MM. Kibaki et Odinga. Les deux premiers points de ce plan prévoient «une action immédiate pour arrêter les violences et restaurer les droits et les libertés fondamentaux» ainsi que des «mesures immédiates pour régler la crise humanitaire», a expliqué M. Annan lors d'une conférence de presse.

Le troisième évoque «la crise politique actuelle», le point le plus critique. À ce sujet, les parties s'engagent à «négocier pour parvenir à une solution», selon le document signé par les deux parties. «La résolution de la crise pourrait nécessiter des ajustements du cadre constitutionnel, juridique et institutionnel actuel», indique le texte.

M. Odinga, arrivé officiellement deuxième, accuse M. Kibaki d'avoir fraudé lors de l'élection, dont les résultats sont entachés d'irrégularités flagrantes, selon de nombreux observateurs. Les deux parties sont convenues que ces trois points devaient être «réglés» dans une période de sept à quinze jours à partir du lancement officiel du dialogue, le 28 janvier. Ce plan est une «percée très importante» compte tenu des «très grandes divergences entre les deux parties», a déclaré Salim Lone, porte-parole du Mouvement démocratique orange, le parti de M. Odinga. «Mais il ne s'agit pas d'un accord qui va mettre fin à la crise», a-t-il ajouté.

Le quatrième point porte sur des «problèmes et solutions à long terme», qui doivent être réglées d'ici «un an», et évoque notamment une «réforme» pour régler les conflits fonciers. Un peu plus tôt, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en visite à Nairobi, s'était déclaré «raisonnablement encouragé par les négociations».

Près de 1000 personnes ont été tuées et entre 250 000 et 300 000 déplacées dans les violences politico-ethniques qui ont suivi l'annonce des résultats de l'élection, fin décembre. Hier, huit personnes ont été tuées, à la machette ou par flèches, dans des affrontements entre ethnies dans le district de Nyamira, dans la province de Nyanza, où de nombreuses échoppes ont été incendiées, selon la police.

Un policier a été tué à Ainamoi (district de Kericho, centre-ouest), où quelque 3000 villageois, armés notamment d'arcs et de machettes, ont attaqué un bâtiment gouvernemental et dérobé des armes et des munitions, a-t-on appris auprès de la police locale.

La circonscription d'Ainamoi est secouée par des troubles depuis le meurtre, jeudi, par un policier du député de cette circonscription, David Kimutai Too, élu du Mouvement démocratique orange. C'était le second député de l'opposition tué en quelques jours.


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