Opinion

Réforme de l'éducation - La déforme

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François Loiselle, Un enseignant

Édition du samedi 02 et du dimanche 03 février 2008

Mots clés : réforme, Enseignement, Éducation, Québec (province)

La présente est pour vous faire part de ma réflexion sociologique sur la réforme. Je suis un produit de cette réforme car, au moment où j'étudiais, nous ne savions même pas ce qu'allait être le programme.

J'ai donc appris mon métier, Dieu merci, grâce à des directions qui n'ont pas eu peur d'utiliser les budgets pour des formations pédagogiques constructives et pertinentes. J'ai eu des mentors, si on peut dire. Des pédagogues dans l'âme qui ont compris des choses que les universités n'arrivent pas à transmettre. Je joins à cette lettre une poésie que m'inspire le sujet.

Il y a des réformes qui marquent plus que d'autres:

Tout a commencé par une nouvelle science

Intéressée par le comment les enfants pensent

Le plus célèbre son éminence

Piaget.

Comme une contagion

S'est répandue à l'éducation

Et la cognition est devenue tendance.

À ce moment précis

Les années 90 sont assez pourries

À son avenir le Québec réfléchit.

Les facultés d'éducation tristement sans paradigme

Une société aux écoles qui s'indignent

Une population âgée

Des services publics endettés.

Il n'en fallait pas plus

Pour que le gouvernement

Statue.

Urgence: des états généraux

Une solution il nous faut

Il faut diminuer le taux

Le décrochage zéro.

Le remède vint d'en haut

Avec le temps ce sera gagnant

Car dorénavant les élèves progressent

Et plus besoin de faire de tests.

Et les enseignants là-dedans?

Les exécutants d'une réforme

Et à qui on impose, en décrétant

Du Parlement, les conditions

Les normes et la forme.

Et les élèves en difficulté?

Leur rythme, il faut respecter

Sinon, il y a le cheminement particulier

Il ne faut pas les pénaliser

Ça pourrait les complexer.

Puis c'est le flou des compétences

Le peuple réclame et on pense

Sur les conseils, les comités

Le bulletin sera réformé.

Les réformistes et bien-pensants

du ministère, ou en sept ans,

ont vu valser cinq ministres,

Oh! C'est épatant...

N'ont fait que changer le libellé

Et permettre le bulletin chiffré.

Bref: où en sommes-nous dans cette dégringolade?

L'école publique n'est plus un hit-parade

Dans combien de temps un redressement?

Hélas, le temps c'est l'avenir de nos enfants.

Enfin, qu'adviendra-t-il de notre profession?

Si de nos avis on ne fait jamais mention

Dans une société en mutation

Nous sommes les piliers

L'avenir de ces écoles

Alors faites attention à notre métier

Car l'éducation sera un jour privatisée.


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